La liqueur « Jordane Gentiane » est déposée le 18 juillet 1938, à 17 heures, au greffe du tribunal de commerce de Figeac (n° 78), par M. Couzi (Georges), établi à Saint-Céré, dans le Lot — un dépôt annoncé dans La Journée vinicole (Montpellier) du 27 novembre 1938. Le nom associe le prénom « Jordane », rare comme nom de marque commerciale, et celui de la gentiane, dont la racine amère entre dans la fabrication de nombreux apéritifs du Massif central et du Sud-Ouest.
La maison qui la dépose, la Distillerie Couzi, est fondée en 1869 à Saint-Céré. Une facture du 13 novembre 1933, signée « E. Couzi, distillateur », en détaille l’activité : la maison fabrique ses propres liqueurs — parmi lesquelles « La Viscontine », liqueur de dessert, le « Quinquina St Laurent » et le « Punch au Rhum Couzi » — et revend en outre, en négoce, des eaux-de-vie et spiritueux achetés en gros (marc, rhum, cognac, porto, Amer Picon). C’est donc un distillateur au sens plein, qui produit et commercialise, plutôt qu’un simple négociant en boissons. Le lien précis entre cet « E. Couzi », signataire des documents commerciaux connus de 1929 à 1935, et Georges Couzi, déposant de « Jordane Gentiane » en 1938, n’a pas pu être établi par les sources réunies ici : il s’agit vraisemblablement de deux membres d’une même famille à la tête de la distillerie, sans qu’on sache lequel a succédé à l’autre.
Le dépôt de 1938 ne donne que le nom de la liqueur et l’identité du déposant ; aucune source consultée ne précise sa composition exacte au-delà de la gentiane, ni son prix, ni le public visé — apéritif de comptoir ou liqueur de fin de repas, à la manière des autres produits de la maison. Aucune trace publicitaire propre à « Jordane Gentiane » — étiquette, affiche, carafe, objet publicitaire — n’a été retrouvée dans les objets de collection consultés (eBay, Delcampe) ni sur les sites de référence sur les spiritueux anciens : les recherches n’ont ramené que des documents commerciaux (facture, traite) portant d’autres marques de la même distillerie. On ne sait donc pas si « Jordane Gentiane » a connu la même diffusion que « La Viscontine » ou le « Quinquina St Laurent », dont l’en-tête de la maison porte encore la trace, ni ce qu’il est advenu de la marque après 1938.
