Kina Léon est un apéritif limousin : la maison P. Nouaille, « distillateur du Kina Léon », 58 rue du Chinchauvaud à Limoges, le fabrique et le vend. Elle figure sous ce titre dans la liste des exposants publiée par La Revue limousine (1er janvier 1929, groupe A, stand 261) et sous celui de « maison P. Nouaille » dans Le Moniteur de la Haute-Vienne du 7 juin 1924, qui compare son Kina Léon et son Rhum Saint-Pierre aux liqueurs des plus grandes marques en les disant d’un prix beaucoup plus abordable. Le Débitant du Centre (Limoges, 1er juillet 1924) la cite comme « maison Nouailles ».
Le produit est présenté en 1927 comme un « excellent vin généreux et tonique, à base de kola », qui a obtenu les plus hautes récompenses à diverses expositions ; « le Kina Léon se boit au café comme en famille », écrit Le Télégramme de Toulouse du 2 juin 1927, qui parle de « la grande distillerie du Kina Léon ». La maison est donc un distillateur-liquoriste qui fabrique, et vend par représentants : en 1936, un avis judiciaire publié par Le Bonhomme limousin désigne René Monteil, « représentant de la maison Nouaille, Kina Léon, demeurant à Limoges ».
La suite est mal connue. Un avis de l’Écho du Centre du 3 juillet 1945 annonce l’adjudication, à Limoges, le 10 juillet 1945, d’un entrepôt général « Grandes Marques » (faubourg Pont-Neuf) dont l’objet est le commerce des vins et spiritueux ainsi que l’exploitation des marques déposées « Kina Léon » et « Rhum Saint-Pierre et Christiana » : le nom subsiste donc comme marque en 1945, mais le texte lu ne dit pas qu’il s’agit de la maison Nouaille elle-même.
Le nom a des antécédents : un « Kina Léon au vieux muscat de Samos », vendu à Alger, rue Bab-el-Oued, est annoncé dans Akhbar (31 mai 1903). Rien ne rattache cette mention à la maison de Limoges, et les deux produits ne sont pas nécessairement liés.
Des annonces de collection décrivent des cendriers, plaques, cartons, affichettes et carafes de café au nom de Kina Léon ; ces pièces n’ont pas pu être contrôlées sur l’image et ne sont pas retenues comme preuves : l’exposition publicitaire de la marque reste à documenter.
Sources citées en texte, Gallica (Bibliothèque nationale de France) : Le Moniteur de la Haute-Vienne, 7 juin 1924 ; Le Débitant du Centre, 1er juillet 1924 ; Le Télégramme (Toulouse), 2 juin 1927 ; La Revue limousine, 1er janvier 1929 ; Le Bonhomme limousin, 14 novembre 1936 ; Écho du Centre, 3 juillet 1945 ; Akhbar, 31 mai 1903.
