La Defferine était une liqueur de la maison Deffère (Deffère Frères), liquoristes établis à Carpentras, dans le Vaucluse. La presse régionale les désigne à plusieurs reprises entre 1909 et 1915 : « la Maison Deffère Frères, liquoristes à Carpentras » (Germinal, novembre 1912), « Deffère, fabricant du Vin Deffère, à Carpentras » (La Provence sportive, novembre 1909). La maison faisait paraître ses annonces aussi bien dans la presse carpentrassienne que dans les grands quotidiens marseillais (Le Petit Marseillais, Le Petit Provençal), signe d’une diffusion qui dépassait le seul Comtat Venaissin.
Deffère Frères commercialisait un couple de boissons bâti sur un jeu de mots publicitaire autour du patronyme de la maison : « Avant le repas, un Vin Deffère, royal tonique » et « Après le repas, une Defferine, liqueur de l’Abbaye St-Gilles » (L’Écho de Saint-Gens, mai 1915 ; Germinal, avril 1913). La Defferine était donc une liqueur digestive, à prendre en fin de repas, quand le Vin Deffère se buvait en apéritif. Le nom « Abbaye St-Gilles » relève du procédé publicitaire courant à l’époque, qui pare une liqueur commerciale d’une origine monastique évocatrice — ici sans doute un rappel de la célèbre abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard, à une cinquantaine de kilomètres de Carpentras — plutôt que du lieu réel de fabrication : aucune source ne situe la distillerie ailleurs qu’à Carpentras.
Les sources qui la nomment — « liquoristes », « fabricant » — désignent Deffère Frères comme une maison qui distille et embouteille elle-même, et non comme un simple négociant revendant une production tierce.
Aucune mention de la marque n’a été retrouvée après 1915 ; ni la date de création de la maison ni celle de sa disparition ne sont établies. Le devenir de Deffère Frères après la Première Guerre mondiale reste inconnu en l’état des sources consultées.
L’exposition publicitaire de la marque, telle que les sources permettent de la reconstituer, passait par la presse écrite plutôt que par les grands supports muraux : encarts pleine largeur dans les journaux de Carpentras et de Marseille, et mécénat de petites manifestations locales — une caisse de Vin Deffère offerte en prix lors d’un concours sportif carpentrassien en 1912. Aucune affiche, plaque émaillée ou étiquette n’a pu être localisée à ce jour sur les places de collection consultées (eBay, Delcampe) ; l’absence de tels objets ne permet pas de savoir si la maison en a fait éditer.
