La marque Kina Mercier — dont le cartouche moulé sur la carafe porte l’inscription « KINA MERCIER » — est un apéritif au quinquina fabriqué par la maison F. Mercier Fils, établie à La Bâtie-Montgascon, petite commune du Nord-Isère. Une annonce du Journal (Paris) du 26 octobre 1897 salue « l’apparition à Lyon d’un nouveau Kina qui laissera bien loin derrière lui les produits similaires » et signe « Apéritif supérieur Kina Mercier, F. Mercier, Fils, à La Bâtie-Montgascon (Isère) » — la même annonce paraît la même année dans Le Progrès de Lyon et Le Petit Marseillais.
C’est un vin apéritif à base de quinquina, dans la même famille que les grandes marques de kina de l’époque (Kina Perrier, Kina Karo). Les Tablettes marseillaises du 6 août 1901 le décrivent comme « un apéritif couronné à l’Exposition de 1900 et en grand honneur dans l’Isère » — une récompense obtenue peu après son lancement, qui accompagne une notoriété déjà installée dans sa région d’origine.
La maison F. Mercier Fils est un fabricant-distillateur : elle produit son kina sous sa propre raison sociale, depuis La Bâtie-Montgascon, et non un simple négociant revendant un produit tiers. Sa diffusion dépasse largement l’Isère et la région lyonnaise : la presse marseillaise l’annonce dès 1897, et elle se retrouve durablement présente dans la presse d’Afrique du Nord — un journal algérois cite encore, le 13 mai 1934, les « Établissements du Kina Mercier, La Bâtie-Montgascon (Isère) » recherchant un représentant-dépositaire. La marque a donc eu une activité commerciale continue sur au moins trois décennies (fin des années 1890 aux années 1930), avec un réseau de vente s’étendant jusqu’à l’Algérie.
L’exposition publicitaire de la marque, telle qu’elle transparaît dans les sources consultées, prend la forme d’annonces de presse répétées dans plusieurs titres régionaux et coloniaux — un mode de promotion assez ordinaire pour une maison de taille moyenne — mais aussi d’objets publicitaires de petit format destinés au débit de boisson : un pyrogène (porte-allumettes) publicitaire en porcelaine, à décor rouge et or, porte l’inscription « KINA MERCIER » en lettres rouges sur son socle. Ce type d’objet, distribué aux cafetiers, complétait les carafes de bistrot pour ancrer la marque sur le comptoir.
