La marque « Un Midi-Pastis » est déposée le 24 mai 1937 au greffe du tribunal de commerce d’Alès (Gard), sous le n° 265 (enregistrement national n° 274521), pour désigner un apéritif anisé à base d’alcool. Le déposant est la Société Reynaud Frères, établie 9, place Florian, à Alès. Le même jour, à la même heure, la même société dépose une seconde marque (n° 266, désignant un apéritif spiritueux à base d’alcool) : Reynaud Frères protégeait donc plusieurs recettes à la fois. Ces dépôts sont publiés dans La Journée vinicole du 30 septembre 1937, qui reproduit le registre du greffe.
Le produit est un pastis — une « mominette », selon le mot qu’emploie une réclame de 1938 — vendu à 45 degrés et présenté comme « L’apéritif de Provence ». Le nom « Midi-Pastis » situe donc le produit dans la famille des apéritifs anisés du Midi, sans que l’on sache s’il s’agit d’un pastis au sens strict (avec réglisse) ou d’un anisé plus proche du pastis-anis générique de l’époque : la source ne précise que la catégorie légale déposée, « apéritif anisé à base d’alcool ».
Reynaud Frères apparaît ici comme un fabricant local du Gard, protégeant sa marque par la voie réglementaire ordinaire (dépôt au greffe du tribunal de commerce), plutôt que comme un grand négociant : aucune autre mention de la société n’a été retrouvée dans la presse consultée, ni avant ni après ce dépôt de 1937.
Le produit a circulé au moins jusqu’en Isère : une réclame publiée le 17 mai 1938 dans Le Petit Dauphinois (Grenoble) invite les « amateurs de pastis » à déguster « la mominette Midi-Pastis, 45°, l’apéritif de Provence ». C’est le seul support publicitaire retrouvé pour cette marque dans cette recherche : ni affiche, ni plaque émaillée, ni objet publicitaire (cendrier, buvard) n’a été identifié sur les places de marché consultées — une diffusion par la presse plutôt que par l’objet, à la mesure d’une maison de taille modeste.
Le devenir de la marque et de la société après 1938 n’a pas pu être établi.
