Le Panazô est un pastis produit par la Distillerie du Centre, à Limoges (Haute-Vienne). C’est aujourd’hui l’unique distillerie encore en activité dans une ville qui en comptait 48 en 1900 ; elle perpétue, sous des raisons sociales successives, une activité entamée dans ses bâtiments actuels en 1885, sous la direction d’Aimé Boulle, puis devenue en 1899 la « Société Française de la Grande Distillerie du Centre ». Reprise en 1982 par la famille Nouhaud, qui la dirige toujours, elle a maintenu le Panazô au catalogue de ses fabrications artisanales, aux côtés de sa liqueur historique, la Sève Centrale.
C’est un pastis limousin à 45°, obtenu par distillation de quinze plantes aromatiques et épices — anis vert, menthe poivrée, badiane, fenouil de Provence, semence d’angélique, coriandre, iris, colombo — légèrement adouci d’un trait de sirop de sucre. La maison le présente comme « le seul pastis limousin », une revendication qu’on retrouve telle quelle dans le nom sous lequel une bouteille en est conservée à la collection de l’Exposition universelle des vins et spiritueux : « Panazó, le seul pastis limousin ».
Il s’agit d’une fabrication artisanale, vendue localement par la distillerie elle-même et par des cavistes et épiceries du Limousin, non d’un produit distribué à l’échelle nationale. Le Panazô a été récompensé au Concours général agricole de Paris — médaille d’argent en 2012, médaille de bronze en 2020 — la maison ayant commencé à concourir dans la catégorie liqueurs et apéritifs en 2008.
Le nom reprend celui du pseudonyme sous lequel le conteur, journaliste et écrivain limousin André Dexet (1921-1997), né et mort en Haute-Vienne, s’est fait connaître dans la presse et à la radio régionales : « Panazô ». Aucune source consultée n’établit explicitement que la distillerie a choisi ce nom en hommage à cette figure locale ; le rapprochement, notable dans un contexte aussi resserré géographiquement, reste à confirmer.
La recherche d’objets publicitaires anciens portant ce nom — affiche, plaque émaillée, cendrier, buvard, carte-réclame — n’a rien donné : le pastis Panazô n’a laissé aucune trace de ce type dans les circuits de vente entre particuliers consultés. Seules deux pièces s’en approchent, une paire d’étiquettes de « Pastis Limousin Panazô » et une étiquette de la Distillerie du Centre associant les mentions « Crème de Pucelle », « Sève Centrale » et « Panazo » — toutes deux relevées sur des annonces en ligne, mais dont le contenu exact n’a pas pu être vérifié visuellement au moment de cette recherche. Une recherche dans la presse ancienne numérisée sur le terme « Panazo » n’a par ailleurs rien apporté sur cette marque : les occurrences retrouvées, antérieures pour la plupart au XXe siècle ou à la création du pastis, désignent un rôle de théâtre ou, plus tard, les écrits d’André Dexet lui-même — jamais une réclame pour la boisson.
