Paulus est le nom commercial d’une eau de noix produite à Cahors (Lot) par une distillerie de gros et détail installée au 18, rue du Maréchal-Foch. La raison sociale d’origine, « Delpech Paulus », est attestée par un acte notarié de 1942 ; un « Jean Paulus, négociant à Cahors » figure dès 1893 parmi les notables cités par la presse régionale, ce qui situe l’ancienneté de la maison au moins à la fin du XIXe siècle.
Vers le milieu des années 1930, l’affaire passe aux mains de François, dit Joseph, Delguel, négociant à Cahors. Loin d’effacer le nom d’origine, la publicité continue de l’associer au sien — « Distillerie Delguel-Paulus, Cahors » — une pratique commerciale courante quand un repreneur veut conserver la clientèle attachée à une marque déjà connue. C’est sous ce double nom que l’eau de noix Paulus continue d’être vendue localement dans les années 1930 et 1940. Le 12 juin 1942, par acte du notaire Bouyssou, Joseph Delguel et son épouse Marie-Emma Magnac cèdent à leur tour le fonds de commerce, toujours désigné « Distillerie Delpech Paulus, Delguel Successeur » — signe qu’à cette date encore, le nom fondateur restait la valeur commerciale de l’affaire.
Le produit, une eau de noix, s’inscrit dans une tradition locale bien établie : le Quercy est une région productrice de noix, et l’eau — ou liqueur — de noix y est une spécialité ancienne, à côté du vin de noix. Aucune récompense d’exposition ni aucun autre produit de la maison n’a pu être établi cette campagne.
La maison s’est fait connaître par la petite annonce de presse locale plutôt que par la grande réclame : une insertion dans le Journal du Lot en 1934, une publicité dans la revue régionaliste Quercy en 1942. Le seul document publicitaire retrouvé chez les collectionneurs est un mandat commercial à en-tête de la « Distillerie Delpech-Paulus, J. Delguel » daté de 1935 — une pièce de bureau plutôt qu’un objet destiné au public, révélatrice d’une affaire de taille modeste, ancrée dans le commerce local plutôt que tournée vers une diffusion large.
