Peppermint Franc était une liqueur de menthe poivrée produite à Revel, dans le sud du département de la Haute-Garonne, par la maison J. et R. Franc, distillateurs. Le nom de la marque reprend directement celui de la maison — pratique fréquente chez les distillateurs de province, qui signaient leurs produits de leur propre patronyme. La graphie « Pepermint France » que porte cette fiche paraît être une déformation du nom réel de la marque : la presse de l’époque, à plusieurs reprises et sur plusieurs décennies, écrit « Peppermint FRANC », avec deux P et sans « e » final.
La plus ancienne mention retrouvée date du 6 août 1913 : un quotidien de Toulouse publie, dans sa rubrique consacrée aux stations thermales et estivales du Sud-Ouest, un entrefilet sous la rubrique « Revel » invitant les lecteurs à « demander le Peppermint FRANC, tonique, rafraîchissant, anti-cholérique ». Quinze ans plus tard, le 22 septembre 1928, un article de L’Express du Midi consacré à la Foire-Exposition de Revel décrit longuement le stand de « la Maison J. et R. Franc, distillateurs à Revel » : « Cette maison, si réputée en France et à l’étranger, nous présente, artistement disposés, les produits de sa fabrication : son Peppermint Franc, si renommé, son Anis parfait, ainsi qu’un joli choix de liqueurs diverses. » L’article ajoute que « la Maison J. et R. Franc, de Revel, fabrique toujours des produits de premier choix » — laissant entendre une activité déjà ancienne et continue à cette date.
Le produit lui-même est une liqueur de menthe poivrée (peppermint), catégorie d’apéritif alors très présente dans le Sud-Ouest et le Midi — Revel comptait à la même époque au moins deux autres distillateurs proposant leur propre « peppermint » sous des noms distincts, signe d’un savoir-faire local plutôt que d’une spécialité unique à une seule maison. La maison Franc y ajoutait un « Anis parfait » et une gamme plus large de liqueurs, ce qui en fait une distillerie généraliste plutôt qu’un fabricant d’un seul produit.
Il s’agit d’une fabrication en nom propre, et non d’un négoce ou d’une licence : la maison se présente elle-même comme distillateur, et l’article de 1928 la décrit fabriquant « toujours » ses produits sur place, à Revel.
Devenir de la maison après 1928 : non établi. Aucune source consultée ne documente une fermeture, une reprise ou un changement de raison sociale.
Comment la marque s’exposait : la maison Franc faisait circuler des représentants sur la route — une carte de représentation archivée, imprimée au nom de « Peppermint Revel, Distillerie Franc », servait à annoncer un « avis de passage » aux débitants et négociants, pratique commerciale courante pour prévenir de la tournée d’un voyageur de commerce. Elle diffusait aussi, comme beaucoup de distillateurs de boissons anisées ou mentholées, des objets utilitaires portant sa marque, tel un limonadier publicitaire (récipient verseur de comptoir) au nom de Peppermint Franc. Rien, dans les pièces retrouvées, n’indique un support de plus grande ampleur — affiche ou plaque émaillée — ce qui suggère une diffusion commerciale plutôt régionale, cohérente avec les mentions de presse toutes situées dans la presse toulousaine et régionale du Sud-Ouest.
