« Pippermint Get » est la liqueur de menthe (peppermint) de la maison Get Frères, distillateurs à Revel, dans la Haute-Garonne. La Bibliothèque nationale de France conserve deux affiches publicitaires du grand affichiste Jules Chéret, l’une tirée en 1899, l’autre en 1900, toutes deux titrées « Pippermint. Get Frères à Revel (Hte-Garonne)… Dans tous les cafés… » — une commande à l’un des plus célèbres artistes de l’affiche de la Belle Époque, signe des moyens et de l’ambition commerciale de la maison. Des factures et lettres commerciales retrouvées, datées de 1910 et 1928, confirment l’adresse de Revel et une gamme élargie à d’autres liqueurs et à l’armagnac ; une carte de 1941 atteste encore l’activité de « Get Frères » avec un dépositaire à Cognac, signe d’un réseau de distribution qui dépassait largement la Haute-Garonne.
Le pippermint est une liqueur de menthe poivrée, servie en digestif ou allongée d’eau comme rafraîchissement — l’usage même que documente la carafe de bistrot rattachée à cette fiche. Get Frères était un véritable distillateur-fabricant, et non un simple négociant : les sources la nomment « liqueurs » au pluriel, avec l’armagnac en complément de gamme.
Le succès de la marque a dépassé le cercle des cafés : le compositeur Déodat de Séverac, figure majeure de la musique française du début du XXe siècle et originaire de la région toulousaine, lui a consacré en 1907 une « Pippermint-Get, valse brillante de concert », publiée à Paris chez A. Rouart — une pièce pour piano puis pour grand orchestre, preuve que le nom de la marque était alors assez connu pour inspirer une œuvre musicale portant son nom.
L’exposition publicitaire de la maison fut donc considérable pour son époque : au moins deux campagnes d’affiches signées d’un artiste de premier plan (1899 et 1900), une présence en cafés revendiquée dès le slogan (« dans tous les cafés »), et une activité commerciale attestée sur plus de quarante ans, de 1899 aux années 1940.
