Sautel

Fabricant : Maison Sautel

Produit
Apéritif à base de vin de grenache
Pays
France
Département
Vaucluse
Ville
Mazan

Fiabilité : Sourcée?

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Le Sautel est un apéritif à base de vin de grenache, élaboré à Mazan, dans le Vaucluse. Sa première fabrication commerciale revient à Nicolas Sautel qui, en 1796, se porte acquéreur d’un ancien couvent de la ville, fondé par les Récollets en 1611. La tradition locale veut qu’il y ait découvert le secret de ce vin apéritif — un fait de fondation, non de presse, qu’il faut prendre pour ce qu’il est : une origine transmise par l’histoire locale, non un acte notarié retrouvé.

Le vin de grenache vieux de Mazan est un terroir reconnu dès le début du XIXe siècle : André Jullien, dans sa Topographie de tous les vignobles connus (1832), le classe en seconde catégorie des vins de liqueur, aux côtés du Muscat de Beaumes-de-Venise. Devenu vin de cour sous la monarchie de Juillet — Louis-Philippe Ier l’appréciait particulièrement —, ce grenache sert de base à l’apéritif Sautel. La maison est récompensée à plusieurs expositions internationales : une mention honorable lui est décernée à l’Exposition universelle de 1867 à Paris, au nom de « Nicolas Sautel, Mazan — Grenache blanc », ainsi qu’à Londres.

La presse atteste ensuite la diffusion commerciale du « Vin Sautel » sur plusieurs décennies : dès 1859 dans Le Progrès de Lyon (« Sautel, Mazan, vin de Sautel »), puis en 1902 et 1906 dans la presse du Vaucluse (Le Mercure aptésien à Apt, l’almanach Lou Bartavèu à Vaison), qui le présente comme « Maison fondée en 1795 » et « apéritif bienfaisant au vieux vin de Grenache ». La diffusion dépasse la région : en août 1914, le tarif du Journal de la Chambre syndicale des débitants de boissons du département d’Alger liste le « Vin Sautel Quinquina » aux côtés du Quinquina Cusenier et du Quinquina Bailly, preuve d’une distribution jusqu’en Algérie. La marque est toujours annoncée en 1936, dans Le Radical de Marseille et Le Petit Provençal, sous la raison « Maison Sautel, Mazan (Vaucluse) ».

Comment la marque s’exposait-elle ? Une affiche a été commandée en 1920 au peintre affichiste marseillais David Dellepiane, l’un des noms les plus courus de la réclame provençale de l’entre-deux-guerres — signe d’un budget publicitaire réel. La maison a aussi fait circuler ses camionnettes de livraison, photographiées dans les années 1920, et associé son nom au sport : une affiche pour une coupe de rugby porte le nom « Vin Sautel » en soutien d’épreuve locale, pratique de sponsoring alors courante pour les apéritifs du Midi. Sur le terrain commercial, un carton publicitaire « Apéritif Sautel, Mazan (Vaucluse) », relevé à Monteux avec le tampon d’un dépositaire de Carpentras, montre la façon dont la maison s’appuyait sur un réseau de dépositaires locaux plutôt que sur la seule vente directe.

Au cours des années 1960, la marque périclite par désintérêt de ses propriétaires successifs : la commercialisation est abandonnée, même si des herboristes continuent longtemps à vendre des sachets prêts à l’emploi pour une fabrication familiale. Depuis 1997, l’élaboration et la commercialisation du Sautel ont été reprises par la cave des vignerons de Canteperdrix, à Mazan, sur décision de son conseil d’administration — la marque existe donc toujours, mais sous une autre raison sociale que celle de la maison fondatrice.

Repères chronologiques

  1. 1611 fondation du couvent des Récollets de Mazan, futur siège de la maison
  2. 1796 Nicolas Sautel acquiert le couvent et met au point l'apéritif au vin de grenache
  3. 1832 le grenache vieux de Mazan est classé par André Jullien dans sa Topographie de tous les vignobles connus
  4. 1859 première attestation de presse retrouvée (Le Progrès, Lyon)
  5. 1867 mention honorable à l'Exposition universelle de Paris (Nicolas Sautel, Mazan, grenache blanc)
  6. 1902-1914 réclames dans la presse du Vaucluse, puis diffusion jusqu'en Algérie (Journal de la Chambre syndicale des débitants de boissons d'Alger, 1914)
  7. 1920 affiche publicitaire par David Dellepiane
  8. 1936 dernière attestation de presse retrouvée (Le Radical de Marseille, Le Petit Provençal)
  9. Années 1960 : déclin et arrêt de la commercialisation
  10. 1997 reprise par la cave des vignerons de Canteperdrix, à Mazan

Les carafes de cette marque

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