La Gentiane Sermet est un apéritif à la gentiane produit par la fabrique de liqueurs de Léon Sermet, à Marseille. La maison est attestée dès 1906, au 38 rue de la Liberté : elle figure au Guide officiel de l’Exposition coloniale de Marseille de cette année-là, dans la liste des exposants, sous l’entrée « Sermet, Léon, rue de la Liberté, 38, Marseille (Gentiane) ». L’année suivante, le Livre d’or de Marseille, de son commerce et de ses industries la recense de nouveau : « Sermet Léon, gentiane, Marseille ».
La presse marseillaise atteste la continuité de l’activité dans les années qui suivent : en janvier 1909, Le Petit Provençal mentionne la « Maison Gentiane Sermet » ; en juin 1910, un connaissement du Sémaphore de Marseille enregistre l’arrivée par bateau d’un fût d’apéritif pour le compte de « Sermet » ; en 1911, Le Petit Marseillais confirme l’adresse du « 38, rue Liberté », tandis que La Provence sportive offre des bouteilles de gentiane Sermet en lot de tombola lors d’une manifestation sportive locale — signe d’une marque suffisamment connue pour servir de lot à gagner.
Dans les années 1920, la maison élargit sa gamme : outre la gentiane, elle propose un quinquina sous son propre nom, un anis supérieur baptisé « La Gallia », un vermouth et un fernet en provenance de Turin, ainsi que des vins fins d’Espagne et diverses liqueurs de marque — profil typique du négociant-liquoriste marseillais de l’entre-deux-guerres, plus que du distillateur spécialisé sur un seul produit. La qualité de la maison est saluée en 1922 : la fabrique de liqueurs Léon Sermet reçoit le Grand diplôme d’honneur de l’Exposition coloniale de Marseille de cette année-là.
Après 1930-1940, l’affaire — reprise par les fils de Léon Sermet — s’installe au 38-40-42 rue Flégier, dans le même quartier marseillais du Chapitre. La gamme s’y élargit encore, avec un rhum « Florida Rum » et un amer, « l’Arbi », aux côtés de l’anis « Gallia » et de la gentiane et du quinquina qui restent vendus sous le nom Sermet. La marque adopte pour emblème un lion tenant dans ses pattes un blason portant les lettres « LS » — un jeu visuel probable sur le prénom du fondateur, Léon, rappelant le lion héraldique. La dernière trace d’activité de la fabrique, retrouvée à ce jour, remonte à 1953.
