Cette carafe porte, moulée dans le verre, l’inscription « PHARMACIE STEVICNON ». La recherche fait apparaître, de façon large et concordante sur plus d’un demi-siècle de presse bourguignonne, l’orthographe « Stévignon » : il s’agit très probablement d’une coquille de catalogage plutôt que d’une variante réelle du nom (voir la note du dossier de recherche). C’est donc sous ce nom que la maison a été recherchée.
La pharmacie Stévignon est attestée à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or), place de la République puis Grande-Rue, par des mentions répétées dans la presse quotidienne de Dijon entre 1937 et 1954, qui la citent régulièrement au tableau du service pharmaceutique de garde de la ville — Le Bien public (30 décembre 1937), Le Progrès de la Côte-d’Or (13 avril 1940), La Bourgogne républicaine (21 août 1954). Une mention plus ancienne, à Dijon en 1901, dans Le Progrès de la Côte-d’Or, montre un « M. Stévignon » offrant « un litre apéritif au quinquina » comme lot d’une souscription caritative — signe qu’au-delà de la pharmacie proprement dite, la maison vendait ou préparait elle-même un apéritif tonique à base de quinquina, pratique courante chez les pharmaciens de cette époque. Un « H. Stevignon », pharmacien à Chambolle (Côte-d’Or), proposait dès 1902 ses services de remplacement dans le bulletin professionnel La Pharmacie française — sans qu’on puisse établir avec certitude s’il s’agit de la même personne que celle citée à Dijon puis à Nuits-Saint-Georges, ou d’un parent.
Nuits-Saint-Georges, où l’officine est fixée dès les années 1930-1950, est un bourg viticole de la Côte-d’Or : le contexte local, dominé par le commerce du vin, rend plausible qu’une pharmacie y ait vendu, comme un complément à son activité officinale, un apéritif tonique de sa composition — une pratique répandue chez les pharmaciens ruraux et de petites villes avant la réglementation moderne de la pharmacie, où l’on trouvait fréquemment, à côté des médicaments, des « spécialités » et des toniques vendus sous le nom de l’officine.
Aucune réclame publicitaire (affiche, étiquette, buvard) n’a pu être retrouvée pour cette carafe au-delà des mentions de presse citées ; le nom exact du produit qu’elle contenait, sa composition précise et la durée exacte d’activité de la maison au-delà de la période attestée (1901-1954) ne sont pas établis.
