Suprem’quina — la presse parisienne l’écrit « Suprême Quina » — est un apéritif au quinquina vendu en gros conditionnements au tout début du XXe siècle. Aucune source imprimée retrouvée à ce jour ne nomme la maison qui le produisait : la seule mention connue, « A. AUBERY / REMOULINS », est celle que porte la carafe elle-même, sérigraphiée sous le nom de la marque — Remoulins étant une petite ville du Gard, sur la route de Nîmes à Avignon. Sans autre source pour la confirmer, cette identification reste une piste, non un fait établi.
Le produit est présenté par ses propres réclames comme une « spécialité hygiénique » à base de quinquina — un tonique apéritif, dans la veine des quinquinas très en vogue à cette époque (Byrrh, Dubonnet et bien d’autres), plutôt qu’une liqueur de fantaisie.
Le commerce se lit dans les annonces elles-mêmes : « Représentants et voyageurs, demandez carte grande spécialité hygiénique « Suprême Quina », fût 30 litres à 1 franc. » Le produit circulait donc en gros — par fûts de 30 litres — destinés aux débitants qui le revendaient au détail, au verre ou en carafe, comme celle qui a motivé cette recherche. Le recrutement de représentants et de voyageurs de commerce, par voie de presse, dit une diffusion organisée à l’échelle au moins régionale, sinon nationale : la même annonce a été relevée dans trois quotidiens parisiens à grand tirage de l’époque — La Presse, La Patrie et Le Journal. On ne sait pas, en l’état de la recherche, si Aubery en était le fabricant, un dépositaire régional, ou le limonadier qui l’a simplement fait mettre en carafe à son nom pour son propre débit — une pratique courante.
Aucune trace d’objet publicitaire — affiche, plaque émaillée, buvard, cendrier — n’a été retrouvée pour cette marque, ni sur les plateformes d’objets de collection ni dans les recherches menées : la seule pièce matérielle actuellement connue est la carafe elle-même. Cette absence est elle-même une information : la marque ne semble pas avoir eu le rayonnement publicitaire d’un grand quinquina national.
Ce que devient la marque par la suite — rachat, disparition, survie du nom — n’a pu être établi.
