La carafe porte l’inscription moulée « SUPER KINA ». Ce nom désigne un apéritif à base de quinquina fabriqué à Aurillac (Cantal) : une réclame du Courrier d’Auvergne (23 avril 1938) présente « les produits de la Distillerie Sodibra », en vente au magasin de détail de Saint-Flour, où figure justement le « SUPER-KINA apéritif » aux côtés du « SUPERMINT, la boisson des sportifs » et du « SUPER-CRÈME à base de vieil armagnac » — deux autres liqueurs de la même maison.
La marque est bien plus ancienne que cette réclame de 1938. Dès 1909, un jugement du tribunal de commerce d’Aurillac tranche un litige de contrefaçon opposant « Supra Kina » à « Super Kina » (cité dans les Annales de la propriété industrielle, artistique et littéraire) : la marque était donc déjà déposée et défendue en justice à cette date. La presse du Cantal et de l’Aveyron atteste ensuite sa notoriété pendant des décennies : réclame « Demandez dans tous les bons cafés SUPER KINA » (Courrier de l’Aveyron, 27 avril 1910) ; bouteilles de Super-Kina offertes en lots de tombola à Aurillac (Démocratie cantalienne, 25 mars 1911), à Mauriac (Réveil du Cantal, 17 septembre 1926), puis à Villefranche-de-Rouergue (Le Narrateur, 28 janvier 1934).
La Distillerie Sodibra, qui vendait le Super-Kina en 1938, est une société anonyme fondée en 1920, bien après le procès de 1909 : la marque paraît donc plus ancienne que la société elle-même, née d’une distillerie aurillacoise antérieure dont l’identité précise n’a pas pu être établie, et reprise par la Sodibra à sa fondation ou peu après.
Note pour la relecture : la fiche a été créée par erreur sous le titre « Super Anis » lors de l’intake ; la carafe et l’ensemble des sources retrouvées portent « Super Kina », un kina et non un anis — le titre et le média associé ont été corrigés en conséquence.
