SUPERMINT est une boisson tonique à la menthe produite par la Société anonyme des Distilleries et Brasseries d’Aurillac (Sodibra), fondée en 1920 à Aurillac (Cantal). Distillateur et brasseur à la fois, l’établissement, situé 42 avenue des Pupilles-de-la-Nation, réunissait sous un même toit une brasserie et plusieurs distilleries — une gamme de liqueurs surfines à base de vieilles eaux-de-vie, vendue sous le nom collectif « Sodi » : outre Supermint, on y trouvait Super-Kina (apéritif à la gentiane d’Auvergne), Super-Crème (véritable crème d’Armagnac), curaçao triple sec, crème de cacao Chouva, Liqueur des Papes, prunelle d’Auvergne, kummel cristallisé et anisette surfine — ainsi que des bières (« Sodibra », « Super-Demi Sodibra », « Étoile 48 »).
Supermint elle-même est annoncée dans la presse régionale comme « tonique et rafraîchissant » et, plus précisément, comme « la boisson des sportifs » : une réclame de 1938 (Le Courrier d’Auvergne, Saint-Flour) la présente aux côtés de Super-Kina et Super-Crème en vente au détail place des Halles, à Saint-Flour ; une autre, dans Le Petit Parisien de 1940, la qualifie de « tonique et rafraîchissant » sous le nom collectif Super-Kina/Supermint. Le nom même — « super » accolé à « mint », l’anglicisme du parfum de menthe — a pu jouer sur une sonorité déjà connue des professionnels de l’arôme : la Revue des marques de la parfumerie et de la savonnerie de 1934 atteste, sans rapport avec Aurillac, l’existence antérieure d’une qualité d’essence de menthe dite « Supermint » (marque « Château », norme Codex 1920) dans le catalogue d’un fournisseur parisien d’essences allemand — une coïncidence de vocabulaire dans le monde de l’arôme mentholé plutôt qu’un lien entre les deux.
Sodibra était un commerçant qui distillait et brassait lui-même — pas un simple négociant : la presse cite ses « produits » en vente directe et son statut de société anonyme, avec des administrateurs identifiés (dont Georges-Étienne Cazalis, né à Bordeaux en 1875, installé à Aurillac vers 1900) et une direction encore active en 1951 (Henri Girard, président-directeur général). La maison est exposante à l’Exposition internationale des arts et techniques de Paris en 1937, au sein du groupe artisanal du Cantal, sous sa raison sociale complète : « Société anonyme des Distilleries et Brasseries d’Aurillac ».
La marque, et la maison plus largement, s’exposaient beaucoup par le sport : la presse cantalienne et aveyronnaise atteste un « Grand prix cycliste du Supermint », épreuve de l’Union cycliste decazevilloise courue à Decazeville le 20 août 1939, et un « Challenge Sodibra » disputé lors d’un concours à Rodez la même année ; la maison est également citée en 1934 comme donatrice, avec un imprimeur d’Ussel, à une manifestation de basket-ball fédérale. Une réclame de 1907-1944 relevée dans Le Réveil du Cantal porte le slogan « Supermint, supérieur à toutes les menthes ». Enfin, Supermint circulait comme lot de tombola dans les fêtes locales de l’entre-deux-guerres, comme en attestent des mentions de presse régionale.
La maison a poursuivi son activité au moins jusqu’en 1942 (une annonce de fermeture pour congés payés, publiée cette année-là dans Le Réveil du Cantal, la mentionne encore en activité) et jusqu’en 1951 au moins pour sa direction. Son devenir au-delà de cette date n’est pas établi par les sources consultées.
