SADI est le nom d’un apéritif au vin de Banyuls, et SADI-QUINQUINA celui de son pendant au vieux vin de Madère, tous deux produits par la maison de distillerie Simon, à Chaumont (Haute-Marne). Fondée par Georges-Louis Simon, la maison est connue localement sous le nom de « Simon-Sadi » depuis la fin des années 1880 — le surnom commercial a fini par se substituer à la raison sociale elle-même, au point qu’un catalogue officiel de 1937 l’indexe directement comme « Sadi (Simon) ».
La presse professionnelle de 1897 (Le Panthéon de l’industrie) présente la maison comme « une fabrique de spécialités » plutôt qu’une distillerie ordinaire, « très renommée dans la région ». C’est un distillateur qui élabore lui-même ses apéritifs à base de vins doux (Banyuls, Madère), et non un simple négociant : la presse cite explicitement « M. Simon et son associé » dégustant leurs propres productions.
La maison figure comme exposante à trois manifestations officielles répertoriées entre 1899 et 1937 : l’Exposition industrielle, commerciale et des Beaux-Arts de Poitiers (1899, « Sadi quinquina »), l’Exposition internationale de l’Est de la France à Nancy (1909, sous le nom « Simon (Georges-Louis), Chaumont — Sadi-quinquina […] Apéritif Sadi »), puis l’Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne à Paris (1937, sous le nom « SADI, Chaumont (Haute-Marne) »), où la gamme s’est élargie : Sadi Quinquina, Sadi Apéritif, crème de cassis, et plusieurs autres spécialités maison (« Superfraise », « Viaduc », « Métro »). Aucune source consultée à ce jour ne documente le devenir de la maison après 1937.
À Chaumont même, SADI était un nom du quotidien plus qu’une marque de vitrine : la presse locale des années 1900-1910 le mentionne comme lot de tombola (« un litre sadi », « un litre sadi quinquina ») et comme apéritif offert lors de banquets municipaux. La maison a surtout suscité un attachement local rare pour une boisson de comptoir : une partition de « marche chantée » signée Paul Émile, intitulée « Le Sadi » et éditée à Chaumont, en fait — selon le descriptif du vendeur qui la propose aujourd’hui à la vente — un « hymne à une liqueur » ; l’inscription « LE SADI » y est nette et confirmée sur l’objet lui-même. Cette même partition porte un encart publicitaire signé du culturiste Fernand Le Boucher, présenté comme « champion du monde », qui « reconnaît » l’apéritif Sadi et recommande, à ses côtés, le « Viaduc, liqueur digestive » — la même spécialité maison citée au catalogue de l’exposition de 1937. Plusieurs cartes postales, vendues sous le titre « Festival du 6 juin 1926 — Exécution de la Polka du Sadi » à Chaumont, suggèrent qu’un second morceau lui aurait été consacré pour un festival municipal, sans que la légende en soit lisible avec certitude sur les exemplaires examinés — à tenir pour une piste plutôt qu’un fait établi.
Le nom SADI a également circulé dans la presse régionale bien au-delà de la Haute-Marne — Poitiers, Dijon, Chalon-sur-Saône, Reims, Nogent-sur-Seine —, signe d’une diffusion commerciale qui dépassait le seul marché local.
