La maison Chanabier Père & Fils exploitait à Aurillac (Cantal) la Distillerie du Viaduc, fondée en 1875 selon la mention portée sur un courrier commercial de 1938. L’entreprise se présentait comme distillateur et avait son siège au 72-74-76 rue des Carmes à Aurillac, avec le téléphone n° 1.89 (traite commerciale de 1921).
Elle commercialisait sous le nom « SUC », parfois écrit « Suc-Gentiane », un apéritif pur à la gentiane du Cantal, présenté comme fabriqué à partir de racines de gentiane. La maison proposait aussi un mélange rafraîchissant, le « Suc Citrons-Viaduc », et un vin mousseux élaboré selon la méthode champenoise, le « Grand Vin Mousseux Reine Margot de Valois », attesté par une facture à son en-tête.
Chanabier Père & Fils se qualifiait de distillateur et non de simple négociant : les documents commerciaux consultés (traite, lettre, factures) portent systématiquement la mention « Distillateurs » sous la raison sociale.
La maison a été récompensée à plusieurs expositions universelles : médailles et diplômes à Bordeaux en 1895 et à Paris en 1897 et 1900, où elle se présentait « hors concours, membre du jury ». Elle a fait imprimer au moins une affiche grand format, autour de 80 par 120 centimètres, portant le slogan « Demandez un SUC » ; une pièce de ce type, datée vers 1910 et imprimée par Cassan Aîné à Toulouse, est cataloguée par les Archives de France sous le titre « Distillerie du Viaduc : Suc-Gentiane » = « Demandez un Suc ». Cette diffusion par grande affiche, support coûteux, situe SUC parmi les marques qui cherchaient à occuper la rue plutôt que les seules devantures d’épicerie.
Le devenir de la maison au-delà du milieu du XXe siècle n’est pas établi par les sources consultées. Les Archives départementales du Cantal conservent une pièce iconographique de la Distillerie du Viaduc Chanabier Père et Fils datée de 1949, ce qui atteste une activité au moins jusqu’à cette date ; aucune trace de fermeture, de rachat ou de succession n’a été trouvée dans les sources consultées.
