BATAILLE & DELGUEL est la raison sociale sous laquelle s’est présentée, au début des années 1920, la distillerie cadurcienne Delpech-Paulus, alors reprise par ses successeurs MM. Bataille et Delguel.
Qui. La maison remonte à J. B. Delpech, dont la fondation à Cahors (Lot) est datée de 1864 par l’en-tête de la maison en 1935 (1863 selon une réclame de 1922 — les deux sources divergent d’un an, sans qu’on puisse trancher). Rejointe par un associé, E. Paulus, elle prend le nom de « Delpech-Paulus ». Une réclame du Journal du Lot du 1er octobre 1922 nomme ses successeurs, « Bataille-Delguel » — c’est cette signature que porte la marque documentée ici. En 1935, un mandat commercial à en-tête de la maison, établi à Cahors le 14 novembre et domicilié 18, rue du Maréchal-Foch, montre un successeur unique, J. Delguel : le nom Bataille n’y figure plus, sans que la raison de sa disparition soit connue.
Quoi. C’est une gamme classique de liqueurs de comptoir : crème de noix, brou de noix, anisette superfine, crème de cacao, triple-sec — des produits que la maison dit elle-même, en 1922, réclamés « dans tous les bons établissements ».
Quel commerce. La réclame de 1922 la range sous la rubrique « Distillerie » : c’est un fabricant, non un simple négociant embouteilleur. Le mandat de 1935 en donne une preuve indirecte : il règle une livraison de marchandises à un cafetier de Corrèze, à Beaulieu — signe d’une clientèle de débits de boissons qui dépassait le seul département du Lot.
Que devient-elle. Aucune source postérieure à 1935 n’a été retrouvée. Le devenir de la maison — poursuite, rachat, disparition — n’est pas établi.
Comment elle s’exposait. Aucune affiche, plaque émaillée ou étiquette n’a été retrouvée pour cette marque : ni sur Delcampe, ni sur eBay, une recherche pourtant conduite sur le nom de la marque, celui de la maison Delpech-Paulus et leurs variantes. Ce que l’on sait de sa réputation publique tient donc à sa présence répétée dans les concours agricoles et industriels régionaux : la maison revendique, en 1922, des médailles et diplômes d’honneur obtenus aux expositions de Castres, Toulouse, Lyon et Cahors. La participation à ces concours, plutôt que l’achat de grands supports publicitaires, semble avoir été son principal levier de notoriété.
