La maison Audier frères, liquoristes-distillateurs, était établie 4, rue Chevandier, à Valence (Drôme). Les annuaires commerciaux du département l’attestent dès 1904, puis en 1922 et en 1925, sous la raison sociale « Audier frères » ; la presse commerciale de 1930 la mentionne sous une forme élargie, « Audier frères et Cie, distillerie, liqueurs, vins », à l’occasion de la cession d’un fonds vieux de vingt-cinq ans, évalué 225 000 francs — ce qui situe une fondation vers 1905.
La maison produisait une gamme de liqueurs de comptoir plutôt qu’un article unique : l’annuaire Drôme-Ardèche de 1922 lui connaît pour spécialités la crème de cacao, le curaçao triple sec, un thé chinois, l’eau de fleur d’oranger, l’alcool de menthe et l’eau de Cologne. Le nom Audanis — vraisemblablement formé sur celui de la maison et sur l’anis, bien que sa composition exacte reste une hypothèse — apparaît dans la presse en 1924 comme l’une de ses liqueurs, distribuée par demi-litres ; aucune source consultée ne permet d’affirmer qu’il s’agissait d’une anisette au sens strict, ni de confirmer une origine dans l’Aude : la seule adresse établie pour la maison est celle de Valence, dans la Drôme.
Audier frères se présente donc comme un distillateur-liquoriste vendant en gros sous son propre nom, et non comme un simple négociant revendant une marque étrangère. Le devenir de la maison au-delà de 1930 n’est pas établi : la mention d’une cession de fonds cette année-là peut correspondre à une vente, une association ou une fin d’activité, sans qu’aucune des sources trouvées ne permette de trancher.
La maison s’est fait connaître par un canal de réclame indirect plutôt que par l’affichage urbain : en mai 1924, son représentant de commerce, M. Léon Gachon, offre cent demi-litres d’Audanis en dotation du concours fédéral de la Fédération bouliste Drôme-Ardèche — une pratique de parrainage sportif local, courante chez les distillateurs de province pour faire circuler leur nom sans supporter le coût d’une campagne d’affiches. Une recherche étendue (affiches, plaques émaillées, cendriers, buvards, étiquettes, cartons publicitaires et une quinzaine d’autres formes d’objets promotionnels, croisant systématiquement le nom de la marque et celui de la maison) n’a fait remonter, sur eBay, aucune pièce publicitaire portant le nom Audanis ou Audier frères confirmée par l’image ; une bouteille publicitaire « Cordial Oranges Audier Frères » a été repérée, mais sa photographie, trop sombre, ne permet ni de confirmer ni d’infirmer l’inscription. L’absence d’objet publicitaire retrouvé pour cette marque, à ce jour, est elle-même un résultat.
Deux maisons homonymes, sans lien apparent avec celle-ci, ne doivent pas lui être confondues : une fabrique de trituration du soufre « Audier frères », à Caunes, dans l’Aude, attestée en 1858 ; et une maison de négoce en amandes et noisettes « Audier Frères », à Aix-en-Provence, attestée en 1935.
