« La Parisienne » compte parmi les noms commerciaux les plus répandus de la France des XIXe et XXe siècles : il a servi, sans lien entre elles, à des dizaines d’enseignes, de sociétés et de produits — cafés-restaurants, maisons de commerce, la revue illustrée La Vie parisienne, des lampes à pétrole, des bocaux d’épicerie Félix Potin, jusqu’à une absinthe contemporaine commercialisée sous le nom « La Fée Parisienne » (Musée de l’Absinthe d’Auvers-sur-Oise, à propos des médailles obtenues en 2014). Aucune de ces occurrences ne recoupe, à ce jour, une maison de spiritueux ou de sirop identifiable sous ce même nom et fabricant de la présente carafe.
Qui, où, depuis quand : non établi. La recherche a interrogé la presse ancienne (fonds Gallica de la BnF, plusieurs centaines de documents examinés sur des recherches de proximité « parisienne » et « carafe », « verre », « étoile ») sans qu’aucun ne nomme, de façon vérifiable, un distillateur, un négociant ou une maison commercialisant un produit sous l’appellation « La Parisienne ». Un document trouvé en vente en ligne — une facture de 1942 évoquant une « Société de la Grande Distillerie Parisienne » à Gentilly — a été examiné : son image, de très mauvaise qualité, ne permet ni de lire son contenu avec certitude ni de la relier à cette carafe, et son intitulé exact (« distillerie parisienne », un nom d’usage) ne correspond pas à l’appellation « La Parisienne » portée par l’objet. Ce document n’est donc pas retenu comme preuve d’un rattachement.
Quel produit : non établi. Rien, ni sur l’objet ni dans les sources consultées, ne précise la nature exacte de la boisson qui aurait été servie dans cette carafe.
Exposition publicitaire : la recherche a interrogé systématiquement les catégories habituelles de la réclame de bistrot pour ce nom — affiches, plaques émaillées, cendriers, buvards, porte-menus, jetons, cartes postales, factures. Des objets portant la mention « La Parisienne » circulent bien chez les collectionneurs, mais aucun, une fois vérifié, ne se rattache à une maison de spiritueux : un cendrier commémore la brasserie parisienne « La Coupole », des plaques émaillées concernent le réseau de transports parisien, des cartes-menus publicitaires « Bénédictine » nomment divers établissements parisiens sans rapport identifiable avec la présente carafe. Aucune pièce publicitaire n’a donc pu être rattachée avec certitude à la maison qui a fait fabriquer cet objet — ce qui est, en soi, une conclusion de cette recherche plutôt qu’une lacune.
Que devient la marque : sans maison identifiée, aucune suite (rachat, fusion, disparition, survie du nom) ne peut être établie.
La seule trace tangible et sourcée à ce jour reste l’exemplaire de la collection lui-même, une carafe en verre incolore au décor moulé réticulé, portant l’inscription « LA PARISIENNE » et une étoile en relief — sans qu’on puisse dire, en l’état des recherches, si cette étoile renvoie à une marque déposée ou n’est qu’un motif décoratif de fabricant de verrerie.
