La seule trace connue de cette maison est la carafe conservée ici, dont l’inscription gravée nomme « Eaux gazeuses A. L’Homme » à Bohain, dans l’Aisne — une petite ville de l’arrondissement de Saint-Quentin, alors en plein essor industriel (elle sera plus tard connue pour son textile et pour avoir vu naître Henri Matisse).
Aucune source extérieure à l’objet n’a permis de confirmer cette maison : la recherche dans la presse locale de l’époque (Le Guetteur de Saint-Quentin et de l’Aisne, Journal de la ville de Saint-Quentin) n’a rendu aucune mention de ce nom associé à une activité de fabricant ou de marchand d’eaux gazeuses, et aucun objet publicitaire (étiquette, affiche, siphon) portant ce nom n’a été retrouvé sur les places de marché de collection consultées. Le nom, très courant comme patronyme, se noie par ailleurs dans un bruit considérable dès qu’on le cherche sur le web ouvert — la difficulté même de la recherche est donc, ici, un résultat à consigner plutôt qu’un signe d’absence.
Le métier lui-même — la fabrication et la mise en bouteille d’eaux gazeuses et de limonades — était courant dans les petites villes françaises de la fin du XIXe et du début du XXe siècle : chaque bourg avait typiquement son propre atelier de siphons, alimenté par des fournisseurs d’appareils spécialisés (la presse professionnelle de Saint-Quentin de l’époque fait justement de la réclame pour de tels fabricants d’« appareils continus pour la fabrication des boissons gazeuses »). Rien ne permet cependant de situer précisément l’activité de A. L’Homme dans le temps, ni d’en apprendre davantage sur son ampleur.
En l’absence de toute source extérieure, cette fiche reste au stade de ce que porte l’objet lui-même : un nom, une ville, une activité.
