Anis Ginette est une liqueur anisée produite par la distillerie Alexandre Bos, à Decazeville (Aveyron), une maison dont l’ampleur des sources retrouvées permet de retracer près de soixante-dix ans d’histoire.
La maison a été fondée en 1857 par Alexandre Bos, chevalier de la Légion d’honneur, sous la forme d’une distillerie à vapeur spécialisée dans le négoce en gros de spiritueux. Ses spécialités comprenaient une liqueur de dessert baptisée « La Vraie Rivale » et un quinquina élaboré à base de vin blanc de Barsac (l’appellation viticole voisine de Sauternes), commercialisé sous le nom « Barsac Quinquina » en 1908 puis « Cristal Quinquina » en 1915 — le nom exact porté par la carafe de la collection aux côtés de celui de l’Anis Ginette. La maison a été récompensée aux Expositions universelles de Paris de 1889 et 1900 (médailles d’argent) et a accumulé, au fil des expositions industrielles, trente médailles (or, vermeil, argent, bronze) et deux diplômes d’honneur, se prévalant du statut « hors concours, membre du jury ».
Après la mort du fondateur, l’entreprise a été reprise par ses descendants : une facture de juin 1908 la présente sous la raison « Les Fils d’Alexandre Bos, successeurs », toujours à Decazeville ; une autre, de novembre 1915, sous la raison « Bos Frères & Cie, successeurs », avec le téléphone 37. Ce déplacement du nom social — de la liqueur de dessert et du quinquina, seuls documentés sur les factures conservées, jusqu’à l’anis, cité dans la presse toulousaine de 1923 — dessine l’image d’une maison qui a étoffé sa gamme au fil des décennies.
La presse régionale de Toulouse, en août 1923, mentionne dans un même compte rendu commercial « un Quinquina, apéritif hygiénique et reconstituant, à base de vin blanc de Sauterne » et « l’anis Ginette, le meilleur des anis » — un rapprochement qui, sans nommer explicitement la maison Bos dans cet extrait, corrobore l’existence contemporaine des deux produits que la carafe associe à la maison Alexandre Bos. Cette dernière est par ailleurs mentionnée dans le même numéro du journal, plus loin dans la même colonne consacrée aux exposants d’une foire régionale, sous le nom « Les Fils d’Alexandre Bos, Distillateurs, Decazeville », vantant ses « sirops » et autres spécialités.
Aucune trace n’a été retrouvée d’une éventuelle disparition de la maison ; les dernières mentions retrouvées remontent aux années 1920.
