« Royal-Pontarlier » est un apéritif anisé produit par une société du même nom, établie à Pontarlier (Doubs), au 4 Grande Rue. La ville de Pontarlier, ancienne capitale française de l’absinthe, comptait jusqu’à une vingtaine de distilleries avant l’interdiction de 1915 ; beaucoup se sont reconverties après-guerre dans les apéritifs anisés, dans le sillage du « Pontarlier-Anis » — un contexte qui explique le nom choisi par cette maison, jouant sur celui de sa ville.
La société « Royal-Pontarlier » existait en tout cas sous forme de société anonyme au tournant des années 1930 : la presse comtoise rapporte, le 11 décembre 1931, une assemblée générale extraordinaire de ses actionnaires décidant une augmentation de capital, alors fixé à 150 000 francs ; le Journal officiel enregistre en juillet 1932 son immatriculation fiscale pour cent actions nouvelles ; et un jugement rapporté par la presse judiciaire parisienne, en janvier 1933, l’oppose à un ancien gérant, ce qui atteste d’une activité et d’un personnel salarié réels, pas seulement d’un dépôt de marque resté sans suite commerciale.
Le commerce est celui d’un distillateur qui produit et vend sous son propre nom : la société porte le même nom que le produit, à la manière d’une maison comme Cointreau. Une affiche publicitaire de l’époque, conservée par des collectionneurs, porte le texte « Royal-Pontarlier / Apéritif Anisé » au-dessus d’une bouteille et d’un verre posés sur une terrasse de montagne — une réclame qui associe explicitement la marque au paysage du Haut-Doubs. Un carton publicitaire faisant office de tarif des consommations, portant également son nom, a aussi circulé dans les débits de boisson.
Ce que devient la société après le milieu des années 1930 n’est pas établi : aucune source consultée lors de cette campagne ne documente sa disparition, sa fusion ou la poursuite de son activité au-delà de 1933.
