« Camomille Ferotin » est une liqueur digestive à base de camomille, produite par la maison Victor Ferotin et Cie, distillateurs établis à Grenoble (Isère) depuis 1830 sous le nom de Maison Proby. La maison se présentait elle-même comme « Inventeurs et Seuls Fabricants de la Camomille, Liqueur Hygiénique Digestive ».
Un article consacré aux « Liqueurs du Dauphiné » (Le Panthéon de l’industrie, 1888) situe la distillerie rue Lesdiguières à Grenoble, avec dix-huit foudres de soixante-six hectolitres et une distillation menée à la vapeur — une échelle industrielle réelle, pas artisanale. La Camomille y figure aux côtés d’une gamme large : ratafia de cerises, Amer Ferotin, kirsch, absinthe, génépi des Alpes, curaçao, eau d’arquebuse. La maison revendiquait des récompenses aux expositions de Paris (1878), Beauvais (1879), Chaumont (1882) et Hanoï (1887).
Le commerce est celui d’un distillateur qui fabrique et vend sous son propre nom, protégeant sa marque : une publicité du Petit Dauphinois du 27 décembre 1939 porte encore la mention « Camomille Ferotin — Délicieuse liqueur — Puissant digestif — Refuser les imitations », signe que le produit était assez connu, plus d’un siècle après la fondation de la maison, pour être imité. Une réclame de Noël du même journal, un an plus tôt (22 décembre 1938), place la Camomille Ferotin aux côtés de marques nationalement connues — Rhum Negrita, Bénédictine, Cinzano, Saint-Raphaël, Dubonnet — dans une liste de « prix spéciaux pour les liqueurs » : elle tenait donc sa place, localement, à égalité avec des marques de portée nationale.
L’annuaire du commerce Didot-Bottin de 1935 liste encore « Ferotin & Cie, à Grenoble » avec la Camomille et le Ratafia parmi ses spécialités, ce qui atteste d’une activité continue au moins jusqu’au milieu des années 1930. Ce que devient la maison ensuite n’est pas établi par les sources consultées.
