Fondée en 1912 à Bourges (Cher) par Georges Monin, la maison débute comme négoce de vins et spiritueux, place des Marronniers. Dès 1918, Georges Monin oriente son affaire vers la fabrication de liqueurs fines (anisette, cherry, prunelle), puis, dans les années 1920, vers les sirops destinés aux cafés et restaurants — orangeades, citronnades. Sous la raison sociale Établissements Monin, la maison compte avant 1939 plus de 25 000 clients cafés-restaurants pour un million de bouteilles vendues par an.
Georges Monin meurt en 1944 ; son fils Paul, 22 ans, reprend l’affaire. Le petit-fils, Olivier Monin, prend la direction à son tour (fin des années 1980 ou début des années 1990 selon les sources) et réoriente l’entreprise vers l’export, porté par l’essor du cocktail puis du café aromatisé. Un site de production ouvre à Clearwater (Floride, États-Unis) en 1996, l’outil du centre de Bourges déménage en périphérie en 2017, un site chinois suit en 2018. Monin est aujourd’hui présente dans plus de 160 pays.
Sources : Encyclopédie de Bourges (article « Monin »), France 3 Centre-Val de Loire, Le JDD, L’Usine Nouvelle, et l’histoire officielle de la maison publiée sur monin1912.com.
Ce que les documents d’époque établissent. Une facture du 8 juin 1927 est établie au nom des « Établissements Georges Monin », « distillerie à vapeur, fabrique de liqueurs surfines et extra-fines, sirops, liqueurs de marque », place des Marronniers à Bourges, avec une succursale à Tours (73, rue Nationale ; 22, rue Briçonneau) et la mention « avec participation aux bénéfices ». La maison y imprime la gamme de ses spécialités : orangeade et citronnade au pur jus de fruit, fraise « Georgette », menthe « Frisquette », « Moninette, liqueur anisée », Grog Keddy, Sève Monin, cherry brandy, prunelle Monin, « Rednahb », Monzest et Glascomint. La pièce, adressée à un pâtissier de Tours pour quatre bouteilles de grenadine, est timbrée et oblitérée par la succursale de Tours. Vingt ans plus tard, des lettres de change de 1948 et 1949 portent le nom de « Distillerie Georges Monin », société anonyme, toujours place des Marronniers à Bourges, avec des établissements à Tours (13, rue de la Bourde), à Mâcon et à Nevers, et un capital de dix-huit millions de francs en 1949.