La Verveine du Velay est une liqueur digestive créée et fabriquée au Puy-en-Velay (Haute-Loire) à partir de 1859, à base de vieux cognacs et de feuilles de verveine. Sa maison, la Grande Distillerie du Velay, est fondée cette année-là par M. Rumillet-Charretier ; elle lui succède très tôt sous la raison sociale « Pagès-Ribeyre, successeur de M. Rumillet-Charretier », installée 6, rue Crozatier au Puy, avec un dépôt à Paris, 42 avenue de la Bourdonnais. Cette filiation est attestée dès 1864 par une réclame de presse locale (« La Haute-Loire ») et confirmée par une facture illustrée de juillet 1920 portant « Maison fondée en 1859 ».
C’est une liqueur, distincte des apéritifs à base de vin : la réclame de la maison la présente comme « une liqueur exquise préparée à base de vieux cognacs et des si digestives feuilles de verveine », à prendre en fin de repas — « un verre de Verveine du Velay est toujours apprécié ». Elle s’inscrit dans la tradition des liqueurs de plantes de moyenne montagne, aux côtés de la Grande Chartreuse ou de la Bénédictine.
La Grande Distillerie du Velay, qui se présente comme « la plus importante de la région », est un distillateur-fabricant et non un simple négociant : la facture de 1920 porte les mentions « Liqueurs & Spiritueux », « Vins fins & Sirops » et « Usine à vapeur ». Elle multiplie les récompenses aux expositions universelles et internationales tout au long de sa première moitié de siècle — Paris 1878 et 1889, Paris 1900 (médaille d’or), Vienne 1904, Saint-Louis (États-Unis) 1904, Liège 1905, Milan 1906, Londres 1908, Saragosse 1908, Bruxelles 1910, Turin 1911 —, un palmarès que la même facture résume en « 17 fois hors concours, 37 médailles » ; une carafe de la collection, plus tardive, porte pour sa part la mention « 13 fois hors concours », signe que ce décompte a continué de croître avec le temps sur les différents supports publicitaires.
La marque et sa maison sont encore actives au XXe siècle avancé : la presse professionnelle la mentionne encore dans les années 1950-1960 (annuaires, journaux régionaux), et elle reste citée aujourd’hui parmi les liqueurs de plantes traditionnelles françaises. Rien, dans les sources consultées, ne permet cependant de retracer avec certitude les évolutions de raison sociale postérieures aux années 1920.
La maison s’est donné les moyens d’une réclame de grande diffusion, à la mesure de son ambition régionale puis nationale : réclames dans la presse illustrée parisienne comme dans les journaux locaux de Haute-Loire, factures et enveloppes commerciales à en-tête gravé montrant l’usine à vapeur, et carafes de bistrot distribuées aux débits de boisson — celle de la collection porte encore le nom de la maison et son décompte de récompenses. Une affiche publicitaire des années 1950, retrouvée en vente, montre que la marque a continué d’investir dans l’image bien après sa création, avec une identité graphique renouvelée mais fidèle au nom « Verveine du Velay ».
