La carafe porte l’inscription « Liqueur & Spiritueux — L. BARCHET — BESANÇON ». Derrière cette initiale se cache Louis Barchet, distillateur et fabricant de liqueurs établi à Besançon, dans le Doubs, au tournant du XXe siècle.
Un distillateur bisontin
La maison Barchet est une affaire de spiritueux au sens large : liqueurs, mais aussi eaux de seltz vendues en siphons. En juillet 1906, un fait divers rapporté par La Dépêche républicaine de Franche-Comté la montre en pleine activité : rue des Granges, devant les Nouvelles Galeries, « une voiture appartenant à M. Barchet, distillateur, chargée de siphons d’eau de seltz » perd l’un de ses siphons, qui éclate. Le détail dit bien la nature du commerce : une distillerie urbaine qui livre cafés, hôtels et particuliers de la ville.
L’année suivante, la presse comtoise le nomme explicitement. En août 1907, les comptes rendus de la justice de paix de Besançon mentionnent « L. Barchet, fabricant de liqueurs à Besançon » dans un litige l’opposant à un hôtelier des Chaprais pour un solde de marchandises livrées. Le titre professionnel est donc attesté noir sur blanc : fabricant de liqueurs.
Louis Barchet, père et fils
Les avis de décès parus dans les journaux bisontins permettent de mettre un prénom sur l’initiale. En février 1928, La Dépêche républicaine annonce la mort de « Monsieur Louis Barchet, père, ancien négociant », entouré de sa femme et de ses enfants, parmi lesquels son fils Louis-Ernest Barchet, à Besançon, et sa fille Andrée, épouse d’un officier en garnison à Bizerte, en Tunisie. Trois ans plus tard, en février 1931, s’éteint à son tour « Madame veuve Louis Barchet, née Maria Thiébaud », dans sa soixante-deuxième année.
Le fondateur de la maison est donc Louis Barchet père, distillateur devenu « ancien négociant » au moment de sa retraite. Son fils, prénommé lui aussi Louis (Louis-Ernest), demeure à Besançon et paraît avoir pris la suite de l’affaire familiale. C’est cette continuité qui explique l’initiale unique « L. » figurant sur la carafe.
La carafe
Objet publicitaire d’un distillateur de province, la carafe « L. Barchet » servait à présenter les liqueurs de la maison sur les tables des cafés et des restaurants de Besançon et de sa région. Elle témoigne d’un tissu d’ateliers locaux de liqueuristes, aujourd’hui presque entièrement disparu, qui animait la Franche-Comté avant la Première Guerre mondiale.
