« Georges Monin » est le nom d’une distillerie de Bourges, dans le Cher, installée place des Marronniers : celle de la maison Monin, que les histoires de l’entreprise font remonter à 1912 et à la création d’un négoce de vins et spiritueux par Georges Monin, puis à la fabrication de liqueurs et de sirops pour les cafés (voir la fiche de la maison Monin). Sous ce nom, la maison est constituée en société anonyme : ses en-têtes de 1948 et 1949 donnent le siège à Bourges (téléphone 840 et 841) et des établissements à Tours (13, rue de la Bourde), à Mâcon (106, la Coupée) et, sur l’une des pièces, à Nevers (16, rue Clerget). Un en-tête de 1949 indique un capital de dix-huit millions de francs et un numéro d’inscription au registre du commerce de Bourges. Le télégramme de la maison s’écrivait « Georges Monin, Bourges ».
Une facture antérieure, du 8 juin 1927, la montre sous le nom d’« Établissements Georges Monin », « distillerie à vapeur, fabrique de liqueurs surfines et extra-fines, sirops, liqueurs de marque », à la même adresse, avec une succursale à Tours et la mention « avec participation aux bénéfices ». Elle imprime la gamme de la maison : orangeade et citronnade, fraise « Georgette », menthe « Frisquette », liqueur anisée « Moninette », prunelle Monin, cherry brandy et d’autres spécialités. Le nom de la maison vaut donc ici pour fabricant et pour marque de commerce à la fois : c’est le nom que l’on lisait sur les objets distribués aux cafés.
La maison travaillait en effet pour la clientèle des débits de boissons : les pièces conservées de 1948 et 1949 sont des lettres de change tirées sur un café de Saint-Amand (Cher), pour des montants de plus de neuf mille et de plus de onze mille francs, et la facture de 1927 est adressée à un pâtissier de Tours pour des bouteilles de grenadine. Elle vendait des alcools, des liqueurs, dont une liqueur « Glasco citron », et des sirops : un cendrier en céramique porte la mention « Sirops Georges Monin ».
Côté exposition publicitaire, la marque s’est montrée par des objets de comptoir : cendriers de céramique, carnets de bistrot (l’un, imprimé à Dijon, est connu), porte-clés et une bouteille à liqueur. Aucune affiche ni plaque émaillée n’a été retrouvée. Le nom s’écrit tantôt « George », tantôt « Georges » selon les objets ; l’orthographe des documents commerciaux de la maison est « Georges ».
Le sort de la maison après 1949 relève de l’histoire de l’entreprise Monin, aujourd’hui présente dans de nombreux pays selon sa propre histoire officielle. Le registre de l’INPI et la presse numérisée de Gallica n’ont rien rendu au nom « George Monin » seul ; l’identité avec la maison Monin repose sur la concordance du nom et de l’adresse. Sources : facture du 8 juin 1927 ; lettres de change de 1948 et 1949 ; objets de collection (annonces eBay archivées) ; histoire de la maison Monin (Encyclopédie de Bourges et publications d’entreprise citées dans sa fiche).
