L’Amarin est une liqueur aux mandarines de la Distillerie Chartraine, à Chartres (Eure-et-Loir), fondée en 1873 par P. Carnet et reprise en 1903 par Edmond Minier. Une publicité parue dans La Grande revue des vins et alcools du 15 décembre 1924 annonce : « Des Apéritifs aux Mandarines, L’Amarin est le plus fin — Distillerie Minier à Chartres (Eure-et-Loire) ». La maison est déjà attestée à Chartres en 1913 et 1914, sous le nom de Distillerie Minier, par deux réclames de La Dépêche d’Eure-et-Loir (22 décembre 1913 ; 13 juillet 1914).
Un profil de la maison publié dans L’Illustration économique et financière du 14 août 1926 situe l’Amarin dans la gamme de la distillerie : « la première [spécialité] fut l’Élixir des Pères Chartrains, liqueur digestive, puis l’Aviatine Grande liqueur, la Liqueur de Mandarines Zestia, l’Anis del Toro, apéritif anisé, l’Amarin, apéritif aux mandarines, etc. » L’Amarin apparaît donc comme l’une des dernières spécialités mises au point par la maison, aux côtés de l’Anis del Toro (lancé en 1920). Le même article précise qu’Edmond Minier s’associe à partir de 1924 avec M. Lelong.
Le Musée de l’Absinthe d’Auvers-sur-Oise (M.-C. Delahaye) confirme que l’Amarin comptait parmi les liqueurs-phares d’Edmond Minier, aux côtés de l’Amer Léon, de l’Aviatine et de l’Élixir des pères Chartrains. Une carafe « loupe » recto-verso conservée en collection privée porte d’un côté « Anis del Toro c’est le meilleur » et de l’autre « Apéritif L’Amarin aux Mandarines » — la formule même retrouvée dans la réclame de 1924, ce qui recoupe directement l’objet, la presse et le profil de 1926.
Ces liqueurs obtinrent de nombreuses récompenses aux expositions, notamment une médaille d’or à Clermont-Ferrand (1910) et un grand prix avec médaille d’or à Barcelone (1912). Edmond Minier était par ailleurs vice-président du Syndicat national des Vins et Spiritueux de France. La maison, associée à partir de 1924 à M. Lelong sous le nom « Minier & Lelong », aurait cessé son activité en 1935.
