Anis Capty est la marque d’une distillerie d’Orange, dans le Vaucluse, dirigée par J. Capty. Une enveloppe commerciale à en-tête, conservée avec son timbre oblitéré, donne la raison sociale complète : « J. Capty, distillateur, Orange (Vaucluse) », téléphone 76, adressée à un débit de boissons de Lapalud. Elle précise que la maison succède à l’« ancienne maison Vve J. Maubernard & Cie, fondée en 1834 » — la distillerie existait donc, sous un autre nom, dès le premier tiers du XIXe siècle, avant de prendre le nom de Capty.
Le même document liste plusieurs récompenses obtenues aux expositions de Bordeaux, Amsterdam, Nice et Lyon (médaille d’or, grand diplôme d’honneur et couronne civique, mention « hors concours ») — la répétition de ces titres sur le papier à lettres, pratique courante à l’époque, signale une maison qui avait déjà une histoire commerciale établie et cherchait à en faire état auprès de sa clientèle de cafetiers.
La presse régionale corrobore cette implantation à Orange sur plusieurs années : en 1925, Le Provençal de Paris cite « Anis Capty » dans une liste de distillateurs vauclusiens rangés par ville — Carpentras (Charles Fioux, « Anis le Rêve »), Cavaillon (Anis Granier), Orange (Anis Capty) ; en 1930, Les Tablettes d’Avignon et de Provence mentionne également la marque ; en 1931, Le Radical de Vaucluse la cite aux côtés d’autres anis de la région (Anis Magaly, Pomel Anis). En 1925 encore, une mention dans la presse lyonnaise désigne « Capty » comme « liquoriste » ayant offert une bouteille d’anis en lot pour un concours de chant local.
La maison se présentait donc comme un distillateur producteur, vendant en gros à des débits de boissons de la région (le pli commercial retrouvé est adressé à un café), et non comme un simple négociant revendant une marque tierce. Le produit, un « anis supérieur », s’inscrit dans la production traditionnelle des distillateurs d’anis de la vallée du Rhône et du Comtat Venaissin, dont Orange était l’un des centres.
Aucune affiche ni objet publicitaire de grand format (plaque émaillée, carte postale illustrée) n’a été retrouvé pour cette campagne : la seule pièce publicitaire identifiée est le pli d’affaires lui-même, dont l’en-tête tient lieu de réclame. Cette sobriété — comparée à d’autres maisons de la même région qui ont fait éditer des affiches — peut signaler une diffusion plus locale, centrée sur la clientèle directe des cafetiers du Vaucluse plutôt que sur une campagne d’image plus large.
