Anis Dollar, « le Roi des Anis », était une anisette très répandue en Algérie (alors française) à la fin des années 1920.
Une anisette vedette de la presse algérienne

La marque s’affiche abondamment dans les journaux d’Algérie — d’Orléansville (vallée du Chéliff) à Souk-Ahras et Alger — avec des slogans tels que « le Roi des Anis », « le meilleur des apéritifs » ou « Demandez partout Anis Dollar ». Signe de sa notoriété, une réclame humoristique de 1929 met en scène une fausse protestation du président américain Herbert Hoover auprès du président Gaston Doumergue à propos du nom « Dollar » — vite désamorcée, dit-elle, d’une gorgée d’anis.
Le distillateur reste à identifier ; largement distribuée, la marque relève de la florissante production anisée d’Algérie de l’entre-deux-guerres.
Sources : presse algérienne numérisée (Gallica / BnF), notamment Le Progrès d’Orléansville — réclame « Anis Dollar, le Roi des Anis » ; nombreuses occurrences 1928-1930 (Souk-Ahras, Alger, Chéliff).
Compléments — le fabricant démasqué
On sait désormais qui se cachait derrière ce « Roi des Anis » : La Distillerie Parisienne… qui n’avait de parisien que le nom ! La maison était en réalité algéroise, au 15 rue de la Poudrière à Saint-Eugène (faubourg d’Alger), sous la houlette de deux techniciens, MM. Ghnassia et Moatté, épaulés par les frères Douïeb.
L’anisette avait été lancée pour le Centenaire de l’Algérie (1930) ; et si on l’a baptisée « Dollar », c’est, disait-on, parce qu’elle allait « dominer le monde comme le dollar ». Vaste programme — la réclame, elle, était à la hauteur, jusqu’à cette fausse « protestation » du président Hoover auprès de Doumergue à propos du nom.
La distillerie ne s’arrêtait pas à l’Anis Dollar : on lui doit aussi l’anis « Louis d’Or », l’anisette « La Rincé », l’apéritif « Quina d’Or » et les liqueurs G.A.M. (Sources : L’Afrique du Nord illustrée, 1929 ; Revue des vins et liqueurs, 1929 ; Le Courrier maritime nord-africain, décembre 1928 — BnF Gallica.)
