Anisado

Produit
Anisette
Pays
France
Département
Haute-Garonne
Ville
Toulouse

Fiabilité : Sourcée?

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« Anisado » reprend un mot ibérique : l’espagnol et le portugais l’emploient comme adjectif pour qualifier une eau-de-vie ou une liqueur parfumée à l’anis, l’équivalent de « anisé » en français. La presse professionnelle française du début du XXe siècle atteste ce vocabulaire dans le commerce des spiritueux : la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation enregistre en 1901 le dépôt d’une marque « Anisado » par un négociant bordelais, Charles Bermont, établi à Cauderan, et range par ailleurs un « Anisado Natural » parmi les eaux-de-vie d’anis proposées à l’exportation. Ces deux usages montrent que le mot circulait comme désignation de produit — mais rien, dans les sources consultées, ne les relie à la carafe qui porte ce nom dans la présente collection.

Car c’est à Toulouse que se rattache cet « Anisado » : le nom est gravé en trois lignes, ANISADO, ROSSIGNOL, TOULOUSE. Aucune maison de spiritueux, de liqueurs ou de distillation portant le nom de Rossignol n’a pu être retrouvée pour cette ville dans les sources consultées : le Nouvel annuaire général de la Haute-Garonne, dans son édition de 1911, qui recense le commerce toulousain par profession, ne connaît de « Rossignol » qu’une biscuiterie, une boucherie-charcuterie et quelques particuliers — rien qui touche aux vins, liqueurs ou spiritueux. Le fabricant, la nature exacte du commerce (distillateur, négociant, débit de boissons) et la date de création restent donc à établir.

La recherche dans la presse régionale a fait remonter un fait curieux, sans pour autant trancher la question : l’expression exacte « Anisado Rossignol » revient à plusieurs reprises entre 1923 et 1927 dans des journaux toulousains et de la région (La Dépêche, L’Express du Midi, Le Télégramme, Le Cri de Toulouse, Le Midi socialiste) — mais toujours dans des comptes rendus de concours colombophiles, comme nom d’un pigeon voyageur appartenant tour à tour à plusieurs sociétaires (MM. Loubet, Oustrières…). Ce n’est pas une réclame, et rien ne permet d’établir si un colombophile a choisi ce nom en hommage à une boisson locale ou si la coïncidence est fortuite. Il reste que la combinaison des deux mots était déjà reconnaissable à Toulouse dans les années 1920, ce qui est cohérent avec une carafe de cette période sans pour autant la dater avec certitude.

Aucune réclame, étiquette ou autre objet publicitaire portant ce nom n’a été retrouvé sur les places de marché consultées (Delcampe, eBay) : les seuls objets qui y répondent au mot « anisado » sont des étiquettes espagnoles et portugaises sans rapport avec Toulouse. En l’état de la recherche, aucune source extérieure ne documente cette marque au-delà de son nom gravé : le fabricant, le commerce exact et le devenir d’« Anisado » restent non établis.

Les carafes de cette marque

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