Les Établissements Micollier & Cie sont une distillerie et fabrique de liqueurs installée à La Clayette, en Saône-et-Loire, au cœur du Charolais bourguignon. Constituée en société à responsabilité limitée au capital de 226 000 francs, la maison est dirigée en 1931 par H. Bouhy, directeur-gérant, comme l’atteste une lettre commerciale à son en-tête adressée cette année-là à un entrepositaire de la Meuse.
Sa gamme, telle qu’une réclame publiée en 1928 dans La Grande revue des vins et alcools la détaille, comprend des liqueurs fines et spiritueux : une eau-de-vie de marc pure, une liqueur « Véritable fraise des bois au fruit nature », un anis vendu sous le nom « Micol », et une crème de cassis — celle-là même qui donne vraisemblablement son nom à la présente marque. Cette réclame de 1928 la désigne toutefois sous l’appellation « Crème de Cassis de Bordeaux », une dénomination de recette courante à l’époque plutôt qu’une indication d’origine géographique : aucune source de presse n’a permis de retrouver le nom exact « Cassis de Bourgogne » accolé à la maison Micollier, et le rapprochement repose ici sur l’identité du fabricant et le lieu de fabrication, communs aux deux. La maison distille également du rhum, qu’elle réceptionne en fût au Havre avant de le revendre, comme le montre sa correspondance de janvier 1931.
Micollier & Cie fabrique et vend en gros : sa correspondance de 1931 s’adresse à MM. Lévêque & Bacquias, entrepositaires à Sampigny (Meuse), preuve que ses liqueurs circulent bien au-delà de la Bourgogne par le réseau classique des entrepositaires régionaux.
La maison s’est fait connaître au-delà de sa région : elle reçoit un diplôme d’honneur à l’Exposition d’Épinal de 1924, et y tient un stand (stand 324, groupe « Alimentation »). La presse dijonnaise du 29 novembre 1924 la mentionne également, aux côtés d’autres liquoristes bourguignons, parmi les maisons ayant fait don d’échantillons — un litre de « Micol » et un litre de fraise des bois — pour un concours ou une manifestation locale : une présence régulière dans ce type d’événements plutôt qu’une exposition somptuaire, puisque rien de ce qui a été retrouvé ne signale d’affiche, de plaque émaillée ni d’autre grand support publicitaire à son nom.
Ce que devient la maison après le début des années 1930 n’a pas pu être établi : aucune source postérieure à 1931 n’a été retrouvée dans cette recherche.
