Le Goudron Gascon est un apéritif à base de goudron — cette famille de boissons hygiéniques, à base de goudron de pins de Norvège, connut une vraie vogue commerciale en France entre 1880 et 1910, portée par des maisons concurrentes dans plusieurs régions du pays. Son nom commercial situe la marque en Gascogne, et c’est bien à Auch, dans le Gers, que sa trace la plus ancienne retrouvée à ce jour la place.
La presse locale d’Auch — La République des travailleurs et L’Avenir républicain — rapporte, dans ses éditions du 25 et du 22 juin 1903, la tombola des fêtes de la Saint-Pierre : une bouteille de « goudron « le Gascon » » y figure parmi les lots, offerte par un certain M. Saint-Arroman et remportée par M. Jean-Marie Amade. Les deux journaux orthographient le nom de la même façon.
Ce que ces deux mentions établissent est mince mais réel : le produit existait sous ce nom en 1903, et il circulait à Auch — cohérent avec l’épithète « Gascon » du nom commercial. Elles n’établissent en revanche pas si M. Saint-Arroman en était le fabricant, un pharmacien ou un épicier qui le vendait, ou simplement un donateur de la fête locale : aucune adresse ni qualité professionnelle n’accompagne son nom dans les deux articles. « Saint-Arroman » est par ailleurs un patronyme gascon répandu — c’est aussi le nom d’une commune du Gers et d’un village des Hautes-Pyrénées — ce qui invite à la prudence sur toute identification plus précise.
Aucune autre mention de la marque n’a été retrouvée dans les journaux dépouillés sur Gallica (cinq variantes de recherche interrogées, plus de quatre cents résultats examinés), ni parmi les objets de collection consultés sur eBay (quarante-cinq requêtes croisant la marque, le nom cité et le produit, aucun objet pertinent au-delà d’homonymes du patronyme), ni via une recherche Delcampe restreinte au domaine, qui n’a rendu aucune page exploitable — un silence qui ne prouve pas l’absence de l’objet, seulement qu’il n’a pas été retrouvé par cette voie.
Faute de document publicitaire retrouvé — étiquette, affiche, en-tête de facture —, rien ne peut être dit ici de la présentation commerciale de la marque ni de sa durée de vie au-delà de juin 1903.
