Le Guignolet Poulain était la liqueur phare de la Distillerie du Guignolet Poulain, maison établie à Nantes (Loire-Atlantique), 11 quai de l’Hôpital, sous la raison sociale E. Poulain, Père, Fils & Cie — au point de donner son nom à la distillerie elle-même. La maison possédait des dépôts en province, vers Blois-Romorantin et vers Blaye-Bordeaux. Sa fondation est datée « 1835 » sur l’une des deux factures d’en-tête conservées, « 1850 » sur l’autre — la divergence n’a pas pu être tranchée.
Le Guignolet Poulain était un guignolet, liqueur de cerises (guignes) macérées, vendu aux côtés du Triple Sec Poulain, du Cherry Brandy Poulain et d’un Curaçao triple sec dans la gamme de la maison. Distillateur-négociant, elle vendait en gros — caisses de bouteilles, demi-litres, cruchons — par l’intermédiaire d’un réseau de représentants commissionnés à 15-20 %, comme en atteste un avis paru dans la presse de Cherbourg appelant à la représentation commerciale.
La maison affichait 13 diplômes d’honneur sur son papier à en-tête. Sa publicité paraissait dans la presse nantaise (La Silhouette, 1901-1914) et la presse professionnelle nationale (Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation, 1877-1949), avec des annonces relevées jusque dans la presse parisienne (Le Petit Journal, Le Gaulois) et celle de l’île de la Réunion — signe d’une diffusion commerciale dépassant largement la région nantaise.
Le devenir de la maison au XXe siècle n’est pas établi.
Un fait à verser au dossier : en 1912, la marque est déposée non pas au nom d’une maison Poulain, mais par « Alexandre Brossaud, agissant au nom et comme membre de la société Brossaud et fils », à Nantes, au greffe du tribunal de commerce de Nantes. Trois dépôts sont faits le 29 janvier 1912 (1MA369, vues 203-1, 203-2 et 204-1, dépôts n° 3457 à 3459 ; l’un des trois transcrit le nom « Brossard ») et deux autres le 30 septembre 1912 (1MA370, vues 43-2 et 44-1, dépôts n° 3556 et 3557). Ce que recouvre ce lien entre les deux maisons nantaises n’est pas établi.
Sources complémentaires — registres de dépôt de marques de l’INPI, 1MA369 (vues 203-1, 203-2 et 204-1, n° 3457 à 3459) et 1MA370 (vues 43-2 et 44-1, n° 3556 et 3557).
