Guignolet Rayer

Fabricant : Rayer

Produit
Liqueur de guignolet (cerise)
Pays
France
Département
Maine-et-Loire
Ville
Angers

Fiabilité : Sourcée?

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La maison Rayer distillait et commercialisait le guignolet à Angers, dans une ville qui comptait au tournant du XXe siècle plusieurs fabricants réputés de cette liqueur de cerise — Cointreau, Guéry, Gautron-Gaucher, Patault — et où elle occupait une place reconnue. Le fondateur attesté, Gabriel Rayer, apparaît dans la presse commerciale dès 1891 ; il préside encore, au milieu des années 1890, la Chambre syndicale des vins et spiritueux d’Angers. La maison a ensuite fusionné avec celle de son confrère Guéry — la raison sociale « Maisons Guéry & Rayer réunies » figure déjà sur une facture du 20 janvier 1905 — puis s’est transmise à Maurice Rayer, cité comme distillateur à Angers en 1932 et encore en 1939.

Le produit phare était le « véritable Guignolet d’Angers », une liqueur de guigne (cerise aigre) typique de l’Anjou. Le rapport de l’exposition nationale d’Angers de 1895 range le laboratoire de la maison Rayer, avec ceux de Combier (Saumur) et de Frémy (Chalonnes), parmi les « modèles du genre », et loue, aux côtés du guignolet, deux autres spécialités : le Sherry-Liquor et le Tersec — un curaçao triple sec resté au catalogue jusque dans les années 1930. La gamme s’étendait aussi au Cherry-Guéry (liqueur de cerise reprise de la maison absorbée), au Cassis d’Anjou, à une liqueur de menthe et aux vins d’Anjou vendus en fûts et en bouteilles.

La maison tenait un commerce de distillateur-négociant, et non celui d’un simple débitant : la facture de 1939 la désigne comme « distillateur » à Angers, avec ligne téléphonique, adresse télégraphique (« Rayer-Angers ») et compte-chèques postal, et revendique un palmarès de récompenses obtenu aux expositions de Paris (1900), Hanoï (1903), Saint-Louis (1904), Liège (1905), Marseille (1906) où elle fut aussi membre du jury, Milan (1906), Bordeaux (1907) et Londres (1908) — la mention « hors concours, membre du jury » signalant une maison déjà installée plutôt qu’une nouvelle venue. Dès 1895, la notoriété de l’appellation « Guignolet d’Angers » avait d’ailleurs donné lieu à un procès : MM. Guéry, Gautron et Rayer poursuivaient alors la maison Cointreau devant le tribunal de commerce à ce sujet, preuve que le nom faisait déjà l’objet d’une âpre concurrence locale.

La diffusion dépassait largement l’Anjou : le guignolet Rayer était coté dans la presse professionnelle parisienne dédiée à l’exportation dès 1913, vendu jusque dans l’île de La Réunion — une épicerie de Saint-Denis le proposait encore en 1939, aux côtés du Cherry Rocher et du kirsch d’Alsace — et livré à des cafetiers de l’Ouest de la France, comme celui de Niort qui reçut la dernière facture retrouvée, datée du 7 avril 1939. C’est la trace la plus tardive rencontrée dans cette recherche ; le devenir de la maison après 1939 n’a pas pu être établi.

Les pièces publicitaires retrouvées disent une maison qui soignait son image commerciale plutôt qu’elle ne couvrait les murs : les factures à en-tête portent un décor imprimé en couleurs — vue de l’usine, grappes de cerises rouges — et deux petites étiquettes ou cartons publicitaires de style Art déco, l’un noir et rouge rehaussé d’or pour le « Cherry Guéry » et le « Véritable Guignolet d’Angers », l’autre jaune et rouge pour le « Véritable Guignolet Rayer-Angers », témoignent d’un travail graphique soigné sur le petit format. En revanche, la recherche d’objets de collection (affiche, plaque émaillée, cendrier, buvard, porte-menu) n’a rien fait remonter pour cette marque : rien ne permet de dire que la maison Rayer a investi dans les grands supports d’enseigne, à la différence d’autres marques d’apéritif de la même époque.

Repères chronologiques

  1. 1891 première attestation, Gabriel Rayer, guignolet d'Angers et Tersec (annonce, Paris)
  2. 1895 (janvier) procès Guéry-Gautron-Rayer contre Cointreau au sujet de l'appellation « Guignolet d'Angers »
  3. 1895 exposition nationale d'Angers — laboratoire Rayer cité en modèle, Sherry-Liquor et Tersec
  4. 1897 Gabriel Rayer, président de la Chambre syndicale des vins et spiritueux d'Angers
  5. 1905 (20 janvier) facture « Maisons Guéry & Rayer réunies », Gabriel Rayer
  6. 1911 guignolet Rayer en vente à Saint-Denis de La Réunion
  7. 1913 guignolet Rayer coté dans la presse professionnelle de l'exportation
  8. 1932 « Maison Guéry et Rayer réunies », Maurice Rayer successeur
  9. 1938 (9 janvier) publicité « Guignolet Rayer délicieux avec le vermouth » (Angers)
  10. 1939 (7 avril) dernière facture connue, Maurice Rayer distillateur à Angers

Les carafes de cette marque

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