« Le Kernise » (orthographié aussi « Kernisé ») est une liqueur anisée produite par la maison Alexandre Brossaud, distillerie à vapeur et fabrique de liqueurs établie à Nantes (Loire-Inférieure, aujourd’hui Loire-Atlantique). Une traite commerciale du 30 novembre 1909 atteste l’activité de la maison sous l’en-tête « Entrepôt de vins & alcools — Distillerie à vapeur — Fabrique de liqueurs — Alexandre Brossaud — Nantes » ; son dirigeant siégeait par ailleurs comme vice-président de la Chambre syndicale du commerce en gros des vins, vinaigres, spiritueux et bières de Loire-Inférieure.
Une publicité nantaise du 1er mars 1927 (La Bohême) liste la gamme complète des « Liqueurs Brossaud » : digestif Cinq-Sec, Kummel, Vodka, Curaçao à la Fine Champagne, Crème d’Abricots à la Fine Champagne, et Anis « Le Kernise ». Le nom, d’apparence bretonne (le préfixe « Ker- » désigne un lieu-dit en breton), correspond à la diffusion régionale du produit : la presse de Rennes et de Saint-Malo atteste sa présence en Bretagne dès 1924.
Le commerce est celui d’un distillateur-négociant qui produit sous son propre nom et distribue par des représentants régionaux : L’Ouest-Éclair rapporte, le 2 juillet 1924, une « dégustation gratuite du Kernisé » à la Foire-Exposition Bretonne de Saint-Malo, tenue par « MM. Harang et Ettel, représentants à Saint-Malo » — des agents locaux, non le fabricant lui-même — avec un slogan publicitaire du type « le roi des… » dont la fin ne peut être établie avec certitude sur le document consulté. Le produit gardait une présence commerciale en Bretagne au moins jusqu’en 1928 : L’Ouest-Éclair, édition de Nantes, rapporte cette année-là un « challenge Kernisé » de boules disputé à l’Amicale Procé de Nantes — signe que la marque sponsorisait des compétitions sportives locales, une pratique publicitaire alors courante.
Une facture de la maison Brossaud pour sa liqueur « Cinq-Sec », datée de 1945, atteste la poursuite de l’activité de la maison au moins jusqu’à cette date ; rien n’établit en revanche jusqu’à quand « Le Kernise » lui-même est resté au catalogue, ni ce que devient la maison ensuite.
