« Liqueurs Picot » désigne la production de la maison Établissements Ch. Picot, installée à Montluçon (Allier). Le nom de la maison n’apparaît sur aucune réclame retrouvée : c’est l’objet lui-même — une étiquette de bouteille — qui le porte, en toutes lettres, sous la mention « Trade mark ». La revue professionnelle Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation confirme l’implantation montluçonnaise de la maison, en la recensant dans sa rubrique des marques déposées sous l’entrée « Picot, Montluçon », aux côtés d’une seconde marque, « Capexquis » (dépôt n° 923). La liste des distillateurs tenue par le Musée des boissons porte elle aussi l’entrée « Montluçon : Picot ».
Le produit identifié est une Citronnelle — liqueur « à la sève de citron », présentée sur l’étiquette comme « liqueur surfine ». C’est une eau-de-vie aromatisée au citron, dans la tradition des liqueurs de fruits de comptoir, à mi-chemin entre le digestif et le sirop concentré. Aucune autre déclinaison de la gamme (anisette, curaçao, cassis) n’a pu être établie à partir des sources réunies : seule la Citronnelle est attestée par un objet.
La maison se présente comme fabricante — « Établissements » et « Trade mark » sur l’étiquette, dépôt de marque dans une revue professionnelle du secteur — ce qui la situe du côté du distillateur plutôt que du simple négociant revendeur. Une société portant le même nom, « Monsieur Pierre Picot », a exercé le commerce de gros de boissons à Montluçon de 1978 à 1993 : elle atteste, sans que le lien puisse être démontré ici, une présence durable du nom Picot dans le commerce des boissons de cette ville.
Ce que devient la maison Ch. Picot elle-même — rachat, fermeture, changement de raison sociale — n’a pas pu être établi. Aucune date de fondation ni de cessation d’activité n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Sur l’exposition publicitaire de la marque, la matière réunie reste mince : la recherche menée sur les objets de collection (étiquette, carafe, affiche, plaque émaillée, cendrier, buvard et autres supports habituels des maisons de liqueurs) n’a rendu qu’une étiquette et une carafe portant le nom « Ch. Picot », sans autre pièce publicitaire retrouvée à ce jour. Une maison qui n’a laissé, dans l’état actuel des recherches, qu’une étiquette et une carafe n’a pas la même trace qu’une marque qui a couvert les murs de plaques émaillées — ce silence documentaire est en lui-même une information sur l’ampleur, probablement modeste ou plutôt régionale, de sa diffusion publicitaire.
