La Maison Noureau est un négoce de vins et spiritueux établi à Châtellerault, dans la Vienne. C’est sous ce nom de maison, et non sous un nom de produit, qu’elle a fait imprimer ses documents commerciaux : « Maison Noureau, Vins & Spiritueux, Châtellerault ».
Sa trace la plus ancienne connue est un menu publicitaire lithographié, vierge, probablement de la toute fin du XIXe siècle, qui l’annonce comme « spécialité de liqueurs pur fruits ». La presse locale la documente ensuite sur plusieurs décennies : une vente aux enchères de septembre 1929 cite la « Maison E. Noureau, vins en gros » ; en novembre 1942, en pleine réglementation du ravitaillement, « la Maison Noureau, vins, à Châtellerault » figure parmi les maisons chargées de prendre les inscriptions des particuliers pour l’attribution de vin. Deux factures-congé conservées, de 1954 et de 1960, la présentent comme une société à responsabilité limitée au capital de 2 700 000 francs (27 000 nouveaux francs après 1960), immatriculée au registre du commerce de Châtellerault.
Le métier tenait de deux activités à la fois. La maison était négociante en gros : elle livrait des vins (rosé de Touraine, malvoisie) et des marques nationales déjà établies — Berger, Byrrh, Suze — à des cafés et des particuliers de la région, comme le Café des Minières à Châtellerault ou un client de Bonneuil-Matours. Elle était aussi productrice : sa propre « spécialité de liqueurs pur fruits », annoncée dès son plus ancien document connu, en faisait un fabricant à part entière et pas seulement un revendeur.
Pour se faire connaître, la Maison Noureau a fait imprimer, au moins à deux reprises dans son histoire, un support publicitaire soigné : le menu lithographié à décor illustré évoqué plus haut, destiné à être distribué vierge aux établissements clients pour qu’ils y inscrivent leurs propres cartes. C’est un support de prestige plutôt qu’une réclame de grande diffusion — à la mesure d’une maison régionale qui vendait avant tout à des professionnels, cafetiers et cavistes, plutôt qu’au grand public par voie d’affichage.
L’activité de la maison est documentée sans interruption entre la fin du XIXe siècle et 1960 environ, soit près de soixante-dix ans. Son terme — rachat, fermeture, transmission — n’a pas été établi par les sources consultées.
