Marius Bonal était un distillateur-négociant établi à Rodez, au 30, avenue Durand-de-Gros, dans l’Aveyron. Sa maison a vendu, sous son propre nom patronymique, plusieurs apéritifs et sirops — dont un « Quina apéritif Marius Bonal » et une marque déposée « Bonalcitron ».
Qui. Marius Bonal exerçait à Rodez, où il a déposé le 1er septembre 1938, au greffe du tribunal de commerce (n° 117), la marque « Bonalcitron » pour désigner un vin de liqueur apéritif. C’est un homonyme, sans lien de raison sociale établi, de la Société anonyme Bonal, la maison qui exploitait à la même époque le gentiane-quina « Bonal » depuis Saint-Laurent-du-Pont, en Isère — deux maisons distinctes portant le même nom de famille, ce qui a fini par les opposer devant la justice (voir « Que devient-elle »).
Quoi. Au moins trois produits sont attestés sous son nom : un « Quina apéritif Marius Bonal », vendu au comptoir sous la simple demande d’« un Bonal » ; le « Bonalcitron », vin de liqueur apéritif déposé en 1938 ; et un ou des sirops, dont témoignent des jetons publicitaires en bois portant la mention « Marius Bonal (sirop) » et une carafe de bistrot dont l’inscription porte le mot « SIROPS ».
Quel commerce. Tout indique un distillateur-négociant local, vendant sous son propre patronyme une petite gamme d’apéritifs et de sirops, à la manière de nombreuses maisons de province de l’entre-deux-guerres — sans qu’on lui connaisse de réseau de distribution dépassant le cadre régional.
Que devient-elle. Le nom refait surface en 1955 dans un litige rapporté par le journal judiciaire La Loi : la Société anonyme Bonal reprochait à Marius Bonal une confusion entretenue auprès d’une clientèle habituée à commander « un Bonal », l’un et l’autre nom se prêtant à tromper l’acheteur sur le produit réellement servi. L’article rappelle que Marius Bonal avait le droit d’utiliser son propre nom patronymique, et le qualifie d’« homonyme second en date », en s’appuyant sur un précédent jurisprudentiel concernant le nom Ricard (arrêt de Lyon, 13 mars 1950). Le devenir de la maison au-delà de cet épisode n’a pas été établi.
Exposition publicitaire. Les objets retrouvés pour ce nom sont des pièces de comptoir plutôt que de grands supports d’affichage : des jetons en bois et en pâte colorée (ronds et rectangulaires, en plusieurs teintes), portant uniquement l’inscription « MARIUS BONAL », et une carafe de bistrot au décor sérigraphié rouge. Rien de comparable, à ce jour, aux grandes affiches signées que la Société anonyme Bonal a fait éditer pour son propre gentiane-quina — un écart de moyens cohérent avec une maison de négoce local plutôt qu’avec une marque à diffusion nationale.
