Moneger (Un)

Fabricant : Pierre Monéger

Produit
Apéritif au goudron de Norvège
Pays
France
Département
Corrèze
Ville
Egletons

Fiabilité : Sourcée?

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« Un Monéger » est un apéritif au goudron de Norvège produit par le distillateur Pierre Monéger, établi à Egletons, en Corrèze. Le nom de la maison — sans raison sociale plus élaborée trouvée dans les sources — est celui d’un homme identifié à plusieurs reprises dans des documents officiels : un jugement du tribunal civil de Tulle le désigne en 1926 comme « Moneger, distillateur à Egletons », et le catalogue de l’Exposition internationale de Paris de 1937 cite « Pierre MONEGER » parmi les exposants de la section vins et spiritueux.

Le produit porté par la carafe, « Un Monéger », est un apéritif au goudron de Norvège — une catégorie de boissons alors réputées pour leurs vertus respiratoires, dont le représentant le plus connu du genre est le Clacquesin. L’étiquette de la carafe le proclame « LE PLUS SAIN DES APÉRITIFS AU GOUDRON DE NORVÈGE », et le catalogue de l’Exposition de 1937 confirme cette vocation en donnant à la marque le slogan « Ami du Poumon ». La même notice mentionne d’autres produits de la maison exposés côte à côte : Lido (porto), Voro (crème de cassis de Vosne-Romanée) et Bolca, un « apéritif de santé à base d’artichaut, bienfaiteur du foie » — Pierre Monéger commercialisait donc toute une gamme d’apéritifs et de liqueurs à vocation digestive ou tonique, pas seulement celui que porte notre carafe.

Pierre Monéger est un distillateur-fabricant, établi en Corrèze : il préside en 1938 le syndicat des vins et spiritueux de ce département, fonction attestée par le compte rendu d’un congrès professionnel tenu à Tulle cette année-là. Sa notoriété locale et professionnelle est également mesurable par un épisode judiciaire : en 1926, la Distillerie de la Suze — propriétaire de marques de fabrique déposées en 1912 pour son apéritif à base de gentiane — le poursuit devant le tribunal civil de Tulle pour un autre de ses produits, « Sancy Gentiane », dont la bouteille, la bande de garantie et le cachet imitaient, selon le jugement, ceux de la Suze. Le tribunal donne raison à la Suze et condamne Monéger à cent francs de dommages-intérêts et aux dépens. Cet épisode, qui ne concerne pas directement l’apéritif « Un Monéger » de notre carafe, montre néanmoins qu’il s’agissait d’une maison suffisamment implantée pour attirer l’attention — et les foudres — d’un concurrent de tout premier plan.

L’exposition de la maison à l’Exposition internationale de Paris de 1937, au pavillon de la Halle-aux-Vins, aux côtés de maisons prestigieuses (Marie Brizard et Roger, G.-H. Mumm, Marnier Lapostolle), suggère une ambition commerciale dépassant le seul marché corrézien. Aucun objet publicitaire (affiche, plaque, buvard) n’a en revanche été retrouvé pour cette recherche : l’exposition de la marque, hors la carafe elle-même, ne se laisse documenter ici que par sa présence en salon professionnel.

Repères chronologiques

  1. 1912 dépôt des marques de fabrique de la Distillerie de la Suze (contexte du litige de 1926)
  2. 11 juin 1926 : jugement du tribunal civil de Tulle condamnant Monéger sur plainte de la Distillerie de la Suze (produit « Sancy Gentiane »)
  3. 1937 Pierre Monéger exposant à l'Exposition internationale de Paris, pavillon Halle-aux-Vins (apéritif « Ami du Poumon »)
  4. 1938 Pierre Monéger préside le syndicat des vins et spiritueux de la Corrèze, congrès de Tulle

Les carafes de cette marque

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