Le Nectar Gaulois est une liqueur mise au point à Lacaune (Lacaune-les-Bains, Tarn) par le distillateur Émilien Hérail fils. La plus ancienne trace connue en presse, en juillet 1887, la classe déjà parmi les meilleures liqueurs « semblables à la Chartreuse » : « De toutes les liqueurs semblables à la Chartreuse réunies dans le Palais de l’Industrie, celle qui nous a paru la meilleure est le Nectar Gaulois distillé à Lacaune par M. Hérail fils » (Le Patriote albigeois, 10 juillet 1887).
Le produit est présenté comme une liqueur tonique et digestive, obtenue par la distillation de plantes récoltées au Montalet, la montagne qui domine Lacaune. C’est le distillateur lui-même qui la fabrique et la commercialise sous son propre nom : rien n’indique un négociant intermédiaire ni une licence à un tiers.
La maison obtient une mention honorable à l’Exposition universelle de Barcelone de 1888 : la liste officielle des récompenses, publiée au Journal officiel de la République française du 1er avril 1889, cite « Hérail (Émilien) fils, distillateur, à Lacaune (Tarn) » pour le Nectar Gaulois — une distinction reprise deux jours plus tard par L’Avenir du Tarn (Castres, 3 avril 1889), et que Le Petit Méridional de Montpellier salue en septembre de la même année en qualifiant le Nectar Gaulois de « reine des liqueurs ».
Côté publicité, la marque s’est fait connaître par de petits encarts de presse plutôt que par de grands formats muraux : à l’automne et l’hiver 1887-1888, elle achète une réclame identique dans Le Petit républicain de Toulouse et du Midi (22 décembre 1887) et dans La Dépêche de Toulouse (4 février 1888), avec un slogan qui vise directement le débit de boisson : « Liqueur supérieure à toutes celles qui existent dans tous les cafés ». Aucune affiche, plaque émaillée ou objet publicitaire de plus grand format n’a été retrouvé à ce jour ; la marque semble avoir misé sur la presse régionale du Sud-Ouest plutôt que sur l’enseigne de rue.
La dernière trace connue date de 1924 : le Nectar Gaulois figure encore, sous la mention « Fine Cordiale », dans l’annuaire professionnel Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation. Ce qu’est devenue la maison Hérail après cette date — poursuite, reprise ou disparition — n’est pas établi.

