« Noblot » est la crème de cassis de la distillerie dijonnaise du même nom, installée 17 rue Paul-Thénard à Dijon (Côte-d’Or). La maison succède, entre 1915 et 1921, à l’ancienne « Badet-Clément » : la presse la nomme d’abord « Badet-Clément, R. Noblot, successeur », puis, dans les années 1920, simplement « Distillerie Noblot » ou « Maison Badet-Clément et Cie Noblot ». Rien ne permet de développer l’initiale « R. » en un prénom complet.
Le produit attesté est la crème de cassis, spécialité de la région dijonnaise : la maison en fait don, sous forme de « 4 demi-litres cassis », à une œuvre de guerre en novembre 1915, et un tapis publicitaire de jeu de cartes conservé porte l’inscription tissée « CASSIS NOBLOT ». C’est un distillateur, et non un simple négociant : des annonces de recrutement cherchent successivement un « ouvrier distillateur et manœuvre » (1924) puis un représentant visitant la clientèle (1926), signe d’une maison qui fabrique et cherche à développer ses débouchés dans plusieurs départements voisins de la Côte-d’Or.
La continuité de la raison sociale — de « Badet-Clément » seul jusqu’en 1915, à « Badet-Clément, Noblot successeur » de 1915 à 1926, glissant vers « Distillerie Noblot » dans les annonces les plus tardives — dessine une maison bien implantée localement sur plus de dix ans, sans qu’aucune trace ne soit retrouvée après 1926 dans les sources consultées : son devenir ultérieur (rachat, fermeture, poursuite sous un autre nom) n’est pas établi.
L’exposition publicitaire de la marque, telle que les sources la documentent, reste modeste : le seul objet retrouvé est un tapis de jeu de cartes en tissu, support de comptoir de café peu coûteux comparé à une plaque émaillée ou une affiche, partagé sur la même pièce avec une autre marque, « Marc Jacquemart » — signe d’une diffusion locale ou régionale plutôt que d’une campagne nationale. Aucune affiche, plaque émaillée ni étiquette n’a été retrouvée.
