« Noirot Cassis » est la crème de cassis des Établissements A. Noirot-Carrière, négociant en vins et liquoriste-distillateur installé 5, boulevard Voltaire à Dijon (Côte-d’Or), avec un atelier ultérieur au 11 bis du même boulevard et une « Maison à Paris » selon une étiquette conservée. La maison succède à l’« Ancienne Maison P. Guillemot », spécialiste de grands vins de Bourgogne (Le Figaro, 25 mars 1924).
La crème de cassis est le produit le plus cité dans les sources, présentée dans la presse dijonnaise comme « beaucoup de fruits de cassis, du sucre, et très peu d’alcool […] la meilleure et la plus hygiénique des liqueurs » (Le Progrès de la Côte-d’Or). Une étiquette conservée porte l’inscription « Crème de Cassis de Dijon, de la spécialité sans pareille » et confirme l’adresse dijonnaise ainsi qu’une « Maison à Paris ». La maison fabriquait aussi un marc de Bourgogne et une liqueur de prunelle, aux côtés de vins fins (Chablis, Beaujolais, Mâconnais, grands crus). C’est un fabricant et négociant à la fois — « distillerie » selon une annonce de 1917, « négociant » selon une étiquette de 1928 — et non un simple revendeur.
Attestée en continu de 1917 à 1934 au moins, la maison a une diffusion qui dépasse largement Dijon : une annonce publiée en 1917 dans un journal de Saïgon la présente sous la devise « De la qualité sans médailles », et sa crème de cassis figure dans une revue destinée à la Légion étrangère au Maroc dans les années 1930. Le vin continue d’être commercialisé sous le nom Noirot-Carrière jusque dans les années 1960-1970, bien après que les mentions de la crème de cassis se raréfient — la maison a donc traversé au moins un demi-siècle, en délaissant apparemment sa spécialité de liquoriste pour se recentrer sur le négoce de vin.
L’exposition publicitaire de la marque est riche et bien attestée par les objets conservés : étiquettes de crème de cassis et de vins, cartes postales publicitaires montrant l’établissement dijonnais et évoquant le château du Clos Vougeot, cartes de commande imprimées destinées aux clients, porte-clés. La maison tenait aussi un stand à une exposition régionale en 1929 (« Groupe A, stand 269 », selon La Revue limousine) et faisait paraître des encarts réguliers dans la presse locale dijonnaise tout au long des années 1920-1930 — signe d’une maison bien implantée, à la fois dans son terroir bourguignon et au-delà, jusque dans les colonies.
