Paul Rouvière donne son nom à une maison de spiritueux et liqueurs installée à Dijon (Côte-d’Or), dont la trace la plus ancienne remonte à l’Exposition universelle de Dijon de 1859 : un « M. Rouvière » y présente un « cassis nouveau », déjà apprécié des connaisseurs, aux côtés d’un kirsch réputé. En 1882, la Société d’horticulture et d’arboriculture de la Côte-d’Or lui décerne une médaille d’argent de 1re classe pour son cassis. La maison est donc, dès le XIXe siècle, un distillateur établi plutôt qu’un simple négociant.
En 1888, « Rouvière fils » — signe d’une affaire familiale transmise de père en fils — est actif comme négociant en vins et spiritueux à Dijon, portant devant la Chambre de commerce des réclamations sur le tarif ferroviaire appliqué aux jus de fruits. Une étiquette-chromo de la fin du XIXe siècle porte la raison « Paul Rouvière & Cie, Dijon » pour une crème de cassis, et la maison produit également une crème de menthe sous le même nom. Au plus tard en 1907, l’affaire s’est transformée en société — la presse dijonnaise nomme alors M. Chapuis directeur de la « société des établissements Rouvière ».
La maison reste active en 1924 : la presse locale mentionne encore, dans une liste de lots de tombola, une « bouteille crème cassis, Établissements Rouvière, Dijon » aux côtés d’autres maisons bourguignonnes (marc de Bourgogne, mousseux). Le devenir de la société au-delà des années 1920 n’a pas été établi par cette recherche.
La maison Rouvière s’est fait connaître par l’étiquette plutôt que par l’affiche : aucune plaque émaillée, aucun cendrier ni aucune affiche portant son nom n’a été retrouvé cette campagne. Seules une étiquette-chromo de crème de cassis et une étiquette de crème de menthe ont pu être localisées chez des collectionneurs, ainsi que de courtes réclames dans la presse régionale dijonnaise — une diffusion resserrée sur la Côte-d’Or plutôt qu’une exposition publicitaire nationale.
