Cette carafe porte, moulée dans le verre sur trois lignes, l’inscription « PHARMACIE [·]ERRO-MONDOT / REVEL » — la première lettre du nom composé, en relief émoussé par l’usage, se lit avec incertitude comme un T ou un D. La recherche fait apparaître, de façon large et concordante sur plus d’un quart de siècle de presse et d’annuaires professionnels de la Haute-Garonne, l’orthographe « Derro-Mondot » : il s’agit très probablement d’une confusion de lecture sur l’objet plutôt que d’une variante réelle du nom (voir la note du dossier de recherche). C’est donc sous ce nom que la maison a été recherchée et documentée.
La pharmacie Derro-Mondot est attestée à Revel (Haute-Garonne), rue de Dreuilhe, de 1900 à 1926 au moins. Elle est fondée par le mariage, à Toulouse le 27 février 1893, de deux pharmaciens : Marie-Léa Mondot, née à Saint-Félix (Haute-Garonne) en 1867, et Charles-François-Jean Derro, né à Melun (Seine-et-Marne) en 1868. Dès 1900, ce dernier figure sur la liste officielle des jurés de la cour d’assises de la Haute-Garonne sous l’identité « Derro-Mondot, pharmacien à Revel » (Journal de Saint-Gaudens, 27 janvier 1900) — preuve que le nom composé désignait la personne autant que l’officine. La pharmacie apparaît ensuite au tableau régional du service pharmaceutique relayé par plusieurs journaux du Sud-Ouest en 1910 (La Voix du peuple, L’Express du Midi, Le Télégramme de Toulouse), puis dans deux annuaires professionnels : L’Union pharmaceutique (1914) et le Guide Rosenwald (1917). La nécrologie pharmaceutique de L’Union pharmaceutique de 1914 cite « Derro-Mondot, à Revel (Haute-Garonne) », ce qui situe vers cette date la mort du fondateur.
La pharmacie reste néanmoins dans la famille : Laure-Yvonne Derro, fille des fondateurs, épouse en 1917 Georges Belcikowski, pharmacien, qui reprend l’officine et lui conserve son nom d’origine — la presse atteste encore « Derro-Mondot (Belcikowski) » à Revel le 22 mai 1926 (La Dépêche). Cette transmission par alliance, qui traverse trois générations sans changer l’enseigne, est documentée par la généalogie familiale publiée par une descendante des Belcikowski, elle-même appuyée sur les actes d’état civil des Archives municipales de Toulouse et des Archives départementales de la Haute-Garonne.
Aucune réclame publicitaire (affiche, étiquette, buvard) n’a pu être retrouvée pour cette officine au-delà des mentions de presse et d’annuaire citées : les recherches menées sur les objets de collection (eBay, Delcampe) n’ont rendu aucun résultat pertinent. C’est un profil courant pour une pharmacie rurale de cette taille, dont la carafe elle-même — objet de comptoir plutôt que support publicitaire — constitue la pièce la plus parlante retrouvée à ce jour.
Ce que ces sources n’établissent pas : la nature exacte de ce que contenait la carafe (eau, potion officinale ou simple objet de service), la date précise de fabrication de l’exemplaire, et la date de cessation d’activité de la pharmacie sous le nom Derro-Mondot au-delà de 1926.
