« Picard » est le nom raccourci, sur cette carafe, d’une maison marseillaise de spiritueux : la « Société en commandite par actions Durrand de Picard et Cie », dont la formation est enregistrée le 9 novembre 1908 — capital de 1 330 000 francs, siège au 4, place Sébastopol, à Marseille, pour un négoce déclaré de « liquides et spiritueux » (Archives commerciales de la France, 16 décembre 1908). Le nom de la maison vient du patronyme composé de sa famille fondatrice : un acte de la presse marseillaise de la même époque évoque « M. et Mme A. Durrand de Picard, née Espanet », confirmant qu’il s’agit d’un seul et même nom de famille, et non d’une association entre deux hommes distincts nommés Picard et Durrand.
La maison distillait de l’absinthe et d’un amer vendus sous le nom « Picard-Durrand » (étiquettes retrouvées), ainsi qu’une liqueur ou eau-de-vie vieillie appelée « Vieille Picard » : la revue sportive marseillaise La Provence sportive du 31 mars 1911 rapporte que « huit bouteilles de Vieille Picard » ont été offertes comme prix par « la maison Durrand de Picard » à l’arrivée d’une course cycliste. C’est un fabricant, une distillerie, et non un simple négoce d’importation : le terme employé dans son acte de formation est « liquides et spiritueux ».
La disparition de la maison n’est pas établie dans les sources consultées ici ; son activité est en tout cas attestée entre 1908 et 1911, à Marseille.
Comme beaucoup de distilleries marseillaises du début du XXe siècle, elle s’est fait connaître par le sponsoring sportif local (dotation d’une course cycliste en nature, sous forme de bouteilles) et par ses étiquettes d’absinthe et d’amer, dont plusieurs exemplaires circulent aujourd’hui chez les collectionneurs — mais aucune affiche ni plaque émaillée n’a été retrouvée à ce jour, ce qui suggère une exposition publicitaire plus modeste que celle des grandes maisons du secteur.
