Quina Nature Albertin

Fabricant : Albertin

Produit
Quinquina
Pays
France
Département
Loire
Ville
Roanne

Fiabilité : Sourcée?

5 vues

Le Quina-Nature Albertin est un vin de quinquina — apéritif tonique à base d’écorce de quinquina, macérée à froid sans préparation pharmaceutique proprement dite — créé par M. Albertin, à Roanne (Loire), où il tenait boutique place Saint-Étienne sous l’enseigne « pharmacie de la Loire ». C’est ce que rapporte, avec un luxe de détails inhabituel pour une simple réclame, un article de fond publié par Le Panthéon de l’industrie, journal hebdomadaire illustré, dans son numéro du 4 septembre 1887 : Albertin, « dont le nom est si connu dans ce pays », s’était inquiété des ravages causés par les mauvais alcools et les apéritifs frelatés vendus sous couvert de produits hygiéniques, et en avait conclu que le quinquina — dont la consommation se généralisait alors — se prêtait bien à un breuvage tonique et agréable sans nécessiter de préparation pharmaceutique.

Le même article rapporte un épisode révélateur du statut ambigu du produit : les pharmaciens de Lyon avaient intenté un procès à M. Albertin pour exercice illégal de la pharmacie — et en avaient été déboutés. Le tribunal a donc tranché que le Quina-Nature n’était pas un médicament réservé aux officines, mais une boisson d’un usage ordinaire, ce qui explique sa diffusion par la voie commerciale plutôt que strictement pharmaceutique.

Le commerce ainsi exercé — celui d’un fabricant-dépositaire vendant directement sa propre préparation, à la manière des vins toniques très en vogue à la même époque (le Vin Mariani en étant l’exemple le plus connu) — se lit dans la diffusion géographique de la marque : la presse atteste sa présence bien au-delà de Roanne, jusque dans les stations thermales où se pressait une clientèle soucieuse de sa santé — Vichy (Journal de Vichy, 24 juillet 1888, où le Quina-Nature Albertin figure parmi les « premières marques » servies), Brides-les-Bains en Savoie (La Savoie thermale, 30 juillet 1896, sous forme de témoignage : « je demande un verre de Vin de Quina-Nature Albertin »), et jusqu’à Bagnères-de-Bigorre, Bastia ou Oran selon les occurrences relevées dans la presse régionale. L’Annuaire-almanach du commerce Didot-Bottin de 1902 confirme la structure commerciale de la maison : « Quina-Nature Albertin, à Roanne », avec un dépositaire à Paris — signe d’une diffusion nationale organisée.

Que devient la marque par la suite ? Un objet publicitaire (carte ou document commercial) associe la marque aux « Établissements P. Gazel & Cie », à Roanne, ce qui suggère une reprise de la fabrication ou de la commercialisation par cette maison après Albertin — mais cette seule pièce ne suffit pas à l’établir avec certitude : aucune source de presse indépendante ne confirme ce nom à ce jour, et l’hypothèse reste ouverte.

L’exposition publicitaire de la marque est attestée par deux types d’objets bien distincts, révélateurs d’une diffusion à la fois dans les cafés et chez les particuliers : un encrier publicitaire en céramique, portant le nom de la marque et celui des Établissements P. Gazel, destiné à orner un comptoir ou une table de bureau — un support rare, qui suggère une diffusion soignée auprès d’une clientèle de commerçants ou de professions médicales plutôt qu’une simple réclame de bistrot — et une carafe publicitaire d’une vingtaine de centimètres, de la forme habituelle des carafes de comptoir pour vin apéritif.

Repères chronologiques

  1. 1887 le Quina-Nature, deja notoire, est cree par M. Albertin, pharmacie de la Loire, place Saint-Etienne a Roanne
  2. 1888 cite parmi les premieres marques consommees a Vichy
  3. 1896 reclame relevee a Brides-les-Bains (Savoie)
  4. 1902 depot confirme a Roanne et depositaire a Paris (Annuaire Didot-Bottin)

Les carafes de cette marque

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