Le Quinquina Saint-Roch était fabriqué par la maison Mansotte, distillateur à Chaumont (Haute-Marne). C’est ce qu’établit sans ambiguïté la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l’exportation (numéro du 31 mai 1927), qui liste dans sa rubrique des exportateurs : « Mansotte, Chaumont : St-Roch Quinquina » — et ce que confirme, dès 1909, le catalogue officiel des exposants de l’Exposition internationale de l’Est de la France à Nancy, où figure : « Mansotte, Chaumont. — Saint-Roch, quinquina. »
La presse locale de Haute-Marne, dès le milieu des années 1900, désigne déjà M. Mansotte comme « le distillateur bien connu » de la région (Le Petit Haut-Marnais, 10 novembre 1912) : cette année-là, sa maison — la « Distillerie Mansotte » — se rend acquéreur de la marque et du procédé de fabrication breveté d’une spécialité réputée de Vesoul, la fraise Sybel, signe d’une entreprise déjà bien établie et en expansion par rachat d’autres marques. Le quinquina Saint-Roch lui-même est attesté dès 1905 : des bouteilles en sont offertes comme lots de tombola lors de fêtes de sociétés à Saint-Dizier (Le Petit Champenois, édition de Reims, 11 juillet 1905 ; Le Petit Haut-Marnais, 7 juillet 1906, qui précise cette fois : « quinquina Saint-Roch, offerts par M. Mansotte, distillateur »).
Le commerce exercé est donc bien celui d’un distillateur fabricant sa propre gamme de spiritueux et apéritifs, et non celui d’un simple négociant : la maison Mansotte produisait au moins deux marques (le Quinquina Saint-Roch, et à partir de 1912 la Fraise Sybel rachetée à Vesoul), et exportait sa production, comme l’atteste sa présence dans une revue professionnelle destinée aux exportateurs.
La marque a connu une existence longue : une mention dans Le Patriote des Pyrénées (Pau, 9 juin 1935), au sein d’une liste de cours commerciaux de vins et spiritueux, atteste que le Quinquina Saint-Roch restait un produit coté sur le marché national trente ans après ses premières traces retrouvées — signe d’une diffusion qui dépassait largement la seule Haute-Marne.
Aucun objet publicitaire (étiquette, plaque, affiche) n’a pu être localisé sur les places de marché de la collection lors de cette recherche ; l’exposition publicitaire de la marque n’est donc connue qu’à travers sa présence, avérée et répétée sur trente ans, dans la presse commerciale et les catalogues d’exposition — plutôt que par la réclame grand public.
