Le Quinquina Rambur est un apéritif au quinquina né à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure, aujourd’hui Charente-Maritime) et fabriqué, au moins à partir de 1914, à Saint-Savinien-sur-Charente. La marque est déposée le 24 novembre 1897 par « Rambur (Léandre), distillateur à Rochefort » (dépôt n° 178, publié dans la Revue des vins et liqueurs de 1897). Dès juillet 1896, une annonce de L’Écho saintongeais cherche un représentant pour la vente du Quinquina Rambur et renvoie à « MM. Rambur et Mareschal, rue Gambetta, à Rochefort ». Un journal de Rochefort de septembre 1898 le range parmi les liqueurs des maisons locales, avec celles de Gallin et de Martel.
De Rochefort à Saint-Savinien
Une annonce de L’Écho de Jarnac du 10 mai 1914 proclame « Demandez partout le Quinquina Rambur, le plus sain, le plus tonique, le plus fortifiant » et annonce, à côté, la liqueur digestive La Grande Charentaise, à base de vieux cognac. Les deux produits y sont dits fabriqués à la « Distillerie de l’Abbaye des Augustins, René Bouzianne, Saint-Savinien-sur-Charente ». Les sources consultées ne disent pas comment le Quinquina Rambur est passé de Rochefort à cette distillerie : rachat, succession ou simple fabrication à façon, ce n’est pas établi.
La maison René Bouzianne, qui signe aussi R. B. Z., vend des vins et des liqueurs. En avril 1934, un avis légal annonce la constitution d’une société à responsabilité limitée qui reprend ses usines et son fonds de commerce, et où figure encore le nom du Quinquina Rambur. En février 1936, cette société, « Distilleries Charentaises, ancienne maison René Bouzianne », dépose à Saint-Jean-d’Angély la marque Rhum Ascari. Le sort du Quinquina Rambur après 1936 n’est pas établi.
Le produit
Les supports publicitaires présentent un « apéritif hygiénique, tonique et reconstituant », « préparé avec des quinquinas de premier choix et des vins garantis naturels », avec la précision, imprimée en toutes lettres, que « ce vin n’est pas un produit pharmaceutique ». Il se boit avant les repas, ou étendu d’eau de Seltz l’été, en boisson rafraîchissante.
Comment la marque se montrait
Rambur couvre les murs de sa région. Les affiches lithographiées, l’une imprimée à Bordeaux chez Wetterwald frères, sur fond bleu avec l’ancre du port militaire de Rochefort, l’autre un carton « en vente ici » sorti des ateliers parisiens des établissements Champenois, côtoient les annonces de presse à Rochefort, à Jarnac, à Saint-Jean-d’Angély, jusqu’à l’Écho d’Alger de 1913, où une caisse de dix bouteilles de Quinquina Rambur récompense le classement d’un concours. Une carte postale de la rue de la République, à Rochefort, porte même une surcharge rouge « Quinquina Rambur, apéritif » sur la façade d’une pâtisserie. Le nom « Rambur et Mareschal » figure aussi dans des listes de marchandises de la Revue des vins et liqueurs, revue tournée vers l’exportation.
Deux étiquettes d’apéritif au quinquina, versées à l’Atelier, nomment ensemble le Quinquina Rambur et la maison René Bouzianne, à Saint-Savinien-sur-Charente : elles attestent, sur un document d’époque, le lien entre la marque et cette distillerie. Elles portent un écusson à l’ancre accompagné de la mention « Trade mark », et deux médailles d’or. La lecture de ces médailles diverge d’une étiquette à l’autre (expositions universelles de Paris, 1889 et 1900, ou exposition de Rochefort, 1898) : elle reste à vérifier sur l’objet, et aucune des deux n’est retenue ici. L’une des deux étiquettes précise que « ce vin n’est pas un produit pharmaceutique », mention qui répond à la réglementation sur les produits à prétention médicinale.
Sources — Revue des vins et liqueurs, 1897, vue 1128 ; L’Écho saintongeais, 19 juillet 1896 ; Le Phare des Charentes, 7 septembre 1898 ; L’Écho de Jarnac, 10 mai 1914, vue 34 ; Journal de Saint-Jean-d’Angély, 22 avril 1934, vue 3 ; La Journée vinicole, 16 mai 1936, vue 3 ; L’Écho d’Alger, 2 septembre 1913 (Gallica / BnF) ; affiche, carton publicitaire et carte postale archivés (annonces eBay).
